Les occidentaux ont une responsabilité morale d’aider à freiner les abus de l’Empire

Par Caitlin Johnstone

En un sens, tout ce que je cherche vraiment à souligner ici, c’est l’importance d’assumer ses responsabilités. Prendre ses responsabilités, en tant qu’occidentaux, face à la souffrance et à la destruction infligées au monde par la structure de pouvoir occidentale sous laquelle nous vivons.

Être occidental, c’est vivre dans une civilisation alimentée par l’abus et l’exploitation des peuples du Sud global. Chacun d’entre nous profite directement de la manière dont les ressources et la main-d’œuvre sont extraites, de façon prédatrice, des nations maintenues sous la domination de l’empire occidental, sous la menace des armes. L’appareil électronique sur lequel vous lisez ces mots en est la preuve flagrante.

Nous avons tous une obligation morale de mettre fin à cette dynamique abusive. Nous avons la responsabilité de nous opposer aux meurtres de masse, à la tyrannie, au vol et aux violences imposés au reste du monde par les nations avec lesquelles nous vivons.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’ai aucune patience envers les droitistes qui se plaignent des immigrés. Il n’est pas légitime de vivre dans une civilisation qui bombarde, déstabilise, exploite et pille le Sud, puis de protester lorsque les victimes de ces bombardements, de cette déstabilisation, de cette exploitation et de ce pillage viennent dans votre pays pour échapper à la misère que votre société leur a infligée.

Chaque fois que je dis cela, des droitistes me rétorquent : “Ce n’est pas NOTRE faute s’il y a des immigrés ! C’est la faute de nos dirigeants ! Ce sont eux qui font ça, pas nous !”

À cela, je ne peux que répondre : non. Vous ne faites que fuir vos responsabilités. Vous agissez de manière immature et irresponsable. Il est temps de grandir et d’assumer votre part du marché. Il faut arrêter de blâmer vos problèmes sur les victimes désespérées des abus commis par votre pays, et commencer à agir, à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour y mettre un terme.

Ne venez pas vous plaindre à moi en clamant que vous êtes impuissants. Savez-vous qui a encore moins de pouvoir que vous ? Les immigrés dont vous vous plaignez. Les nations exploitées et meurtries d’où ils ont été chassés. Vous avez bien plus de pouvoir qu’eux pour amorcer un changement réel. Eux sont emportés par les tempêtes, des circonstances dont vous bénéficiez directement. Cessez donc de geindre et retroussez-vous les manches.

Opposez-vous farouchement au génocide. Opposez-vous farouchement à la guerre. Opposez-vous farouchement au militarisme. Opposez-vous farouchement à l’impérialisme. Soyez solidaires des travailleurs ordinaires du monde entier que l’empire sous lequel nous vivons exploite sans relâche. Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour ouvrir les yeux de vos semblables occidentaux à la réalité des abus de l’empire et aider à susciter un mouvement populaire pour y mettre fin. Voilà votre responsabilité.

C’est pourquoi je balaie d’un revers de main ceux qui me disent : « Pourquoi critiques-tu toujours l’Occident ? Pourquoi ne parles-tu pas aussi de tel ou tel régime malfaisant en Asie ou en Afrique ? » Ce n’est pas à moi de m’en occuper. Je suis occidentale. Je vis sous l’empire occidental centré sur les États-Unis, dont les abus surpassent de loin, et de plusieurs ordres de grandeur, ceux de n’importe quel pouvoir non-occidental. Je me concentre sur la structure de pouvoir qui me concerne, qui se trouve aussi être la plus meurtrière et la plus tyrannique qui soit, car c’est cela, ma responsabilité.

Bien sûr, nos dirigeants portent une part bien plus grande de la culpabilité des crimes de l’empire occidental que les simples citoyens que nous sommes, mais, à notre tour, nous portons beaucoup plus de responsabilité que les peuples non-occidentaux dont le travail et les ressources sont pillés pour que nous ayons tout, pas cher, à portée de main. Je ne dis pas que cette exploitation fait de tous les occidentaux des gens intrinsèquement mauvais, je dis simplement que nous avons le devoir de faire tout notre possible pour mettre fin à cette situation abusive.

Nous devons cesser de rejeter la faute sur les autres et commencer à ouvrir les yeux et insuffler un véritable esprit de révolution. Nos dirigeants ne cesseront pas d’eux-mêmes leurs abus, alors il va falloir trouver comment les y contraindre.

C’est notre devoir. C’est notre responsabilité. Tant que nous n’aurons pas pris cette réalité à bras-le-corps, nous ne pourrons jamais bâtir un monde sain, ni devenir une espèce véritablement consciente sur cette planète.

Traduction Bernard Tornare

Source en anglais

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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