L’URSS : l’histoire que les vainqueurs préfèrent que nous oubliions
Par André Abeledo Fernández Chaque fois que l’on parle de l’Union soviétique, il semble exister une obligation non écrite : commencer en demandant pardon d’en parler. Comme si toute analyse qui ne serait pas une condamnation absolue relevait de l’hérésie politique. Il n’en va pas de même lorsqu’on parle du capitalisme. Personne n’exige de commencer par rappeler le colonialisme, l’esclavage, les guerres pour le pétrole, les dictatures financées par l’Occident ou les millions de morts provoqués par la faim sur une planète qui produit suffisamment de nourriture pour tous. Cette asymétrie en dit déjà long sur ceux qui ont remporté la bataille du récit. L’histoire est écrite par les vainqueurs. Et les vainqueurs de la guerre froide furent les grandes puissances capitalistes, les grands groupes économiques et un immense appareil culturel capable de transformer leur version des faits en la seule apparemment acceptable. Hollywood, les grands médias et même une bonne partie du monde acadé...