Un capitalisme agonisant
Par Prabhat Patnaik Les signes de décomposition et de décrépitude d’un capitalisme agonisant sont aujourd’hui trop manifestes pour être ignorés. Ce n’est évidemment pas la première fois que le système donne de tels signes : il l’avait déjà fait entre 1914 et 1945, période qui avait confirmé le pronostic de Lénine selon lequel il s’agissait d’un système moribond. La différence entre cette époque et la nôtre réside dans la réponse que le système avait alors apportée à la crise qui l’avait englouti. Les réformes de l’après-guerre À cette époque, le système avait réagi — que ce fût par choix ou sous la contrainte — en se « réformant » d’au moins trois manières distinctes. La première consistait en la décolonisation politique, à laquelle des dirigeants bourgeois tels que Winston Churchill s’opposaient alors avec véhémence, tout en cherchant à conserver le contrôle des ressources du tiers-monde par d’autres moyens. La deuxième fut l’introduction généralisée de la démocratie élector...