Articles

Pourquoi le sens commun est-il en train de disparaître ?

Par Miguel Posani Nous vivons une époque de contrastes profonds. Jamais l’humanité n’avait eu un accès aussi immédiat à l’information, et pourtant jamais nous n’avions ressenti une perplexité collective aussi grande. Nous assistons chaque jour à des décisions qui défient la logique la plus élémentaire, à des interactions où l’empathie brille par son absence et à des comportements sociaux qui oscillent entre l’irrationnel et l’autodestructeur (comme, par exemple, le suicide chez les jeunes). Dans ce contexte, une question dérangeante resurgit avec force : pourquoi le sens commun est-il en train de disparaître ? ​Loin d’être une simple impression nostalgique, le sentiment que ce « savoir partagé » s’érode répond à des transformations structurelles profondes. Le sens commun, défini par le philosophe Henri Bergson comme « la faculté de s’orienter dans la vie pratique », s’est désintégré de multiples façons. ​Qu’est-ce que le sens commun, au juste ? Pour comprendre sa crise, nous de...

Les missiles iraniens frappent Tel-Aviv, la défense américano-israélienne s’effondre

Image
Cette vidéo propose une analyse détaillée de la manière dont les missiles iraniens ont réussi à atteindre Tel ‑ Aviv, mettant en lumière les limites opérationnelles des systèmes de défense américano ‑ israéliens et le décalage avec le récit dominant des grands médias occidentaux. Sharmine Narwani y examine, point par point, la saturation des défenses, les performances réelles des armements en présence et les implications stratégiques de cet épisode pour l’équilibre militaire au Moyen ‑ Orient, en particulier pour l’avenir de la dissuasion et des guerres par procuration dans la région. Sharmine Narwani est une journaliste et analyste politique spécialisée dans la géopolitique de l’Asie occidentale, basée principalement à Beyrouth. Elle est éditrice en chef du média en ligne The Cradle, consacré aux enjeux géopolitiques de la région.

Ce n’est pas Téhéran, c’est Pékin

Par Eduardo Luque Une guerre sans justification claire La question reste entière : pourquoi les États ‑ Unis ont-ils décidé d’attaquer l’Iran ? Même au sein de la classe politique américaine, aucune explication convaincante ne s’impose. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a résumé le malaise : « Même à Washington, nombreux sont ceux qui ignorent le véritable objectif de cette opération militaire. » Les raisons avancées par la Maison ‑ Blanche sont multiples, contradictoires et souvent peu crédibles. Donald Trump a présenté une douzaine d’arguments différents pour justifier l’offensive. Aucun ne résiste à l’analyse : l’Iran n’a ni armes nucléaires, ni missiles intercontinentaux capables de menacer directement les États ‑ Unis, et n’a, en quarante ‑ sept ans d’existence, engagé aucune guerre d’agression. Israël, mandataire et déclencheur L’hypothèse la plus vraisemblable évoque une guerre par procuration encouragée par Israël. L’objectif stratégique serai...

L’arrogance de l’empire : quand le « nouveau monde » revêt des habits persans

  Par Alejandro Marcó del Pont « La guerre est le père de tout et le roi de tout ; elle fait de certains des dieux et d’autres des hommes ; de certains des esclaves et d’autres des libres. » (Héraclite) ​ Été 2026 : le pari Trump ‑ Netanyahou ​Imaginons le scénario. C’est l’été 2026. Donald Trump, réélu en novembre 2024 avec la promesse de « Rendre sa grandeur à l’Amérique », est revenu dans le Bureau ovale. Benyamin Netanyahou, cramponné au pouvoir grâce à une coalition d’extrême droite, ordonne un bombardement préventif massif contre les installations nucléaires iraniennes de Natanz, Fordow et Parchin. « C’est maintenant ou jamais », déclare le Premier ministre israélien devant le Congrès des États ‑ Unis, tandis que les applaudissements des parlementaires font trembler l’hémicycle. La « victoire rapide » est annoncée comme acquise sur Fox News et dans tous les think tanks de Washington. Les stratèges parlent de semaines, peut ‑ être de jours. Le monde observe, à la fois cr...

Comment Trump s’achemine vers la défaite la plus écrasante de l’histoire américaine

  Par Ali Al-Darwani – Site Ansar Allah Les États-Unis : un empire prisonnier de ses guerres Depuis le Vietnam, en passant par l’Afghanistan et l’Irak, Washington répète le même scénario : une victoire militaire rapide suivie d’un enlisement interminable et d’un retrait humiliant. Les États-Unis, bien qu’armés jusqu’aux dents, se heurtent sans cesse à la résistance des peuples et à l’impossibilité de convertir leurs victoires tactiques en résultats politiques durables. De ces revers successifs est né un paradoxe : la première puissance militaire mondiale ne sait plus comment gagner ses guerres. Les principes de Trump vacillent sous pression C’est dans ce contexte de défaite chronique que Donald Trump a bâti son discours isolationniste sur le thème « America First » et son engagement à dire « non aux guerres ». Mais derrière la façade populiste, les réalités du pouvoir et les influences extérieures ont pesé lourd. Selon plusieurs observateurs, les pressions israéliennes ...

L’Occident blanc et la géopolitique de l’énergie

  Par David Andersson Il est tout simplement stupéfiant de voir comment les attaques menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran sont présentées et justifiées. On nous sert le même ensemble d’excuses dans une boucle sans fin : prolifération nucléaire, menaces à la sécurité régionale, corruption du régime iranien, échec de la diplomatie, besoins politiques personnels de Trump ou de Netanyahou, voire la diversion d’autres scandales. Le scénario est recyclé à l’infini, sur chaque chaîne, dans chaque média, sous chaque format. Qu’il soit étiqueté à gauche ou à droite, diffusé dans les médias traditionnels ou les réseaux sociaux, le récit varie à peine d’une virgule. Même les dirigeants internationaux participent à cette normalisation de la violence. Le Canada, la France, le Royaume-Uni… tous formulent leurs propres versions d’une même justification. Leurs communiqués invoquent la « stabilité régionale » et la « sécurité internationale », mais évitent soigneusement d’appeler...

Notes pour ne pas être manipulés par la guerre contre l'Iran

  Par Augusto Zamora, ancien diplomate nicaraguayen 1. Prudence face à la hâte La guerre criminelle d'agression contre l'Iran n'a commencé qu'il y a deux jours. Même si elle en durait quatre ou six, tant qu'elle ne s'achève pas, c'est un délai bien trop court pour en tirer la moindre conclusion. Il faut attendre patiemment, sans se laisser entraîner par les prophètes de malheur. 2. Un système collégial, non personnel La République islamique d'Iran (RII) est un système politique, économique et social qui a eu, a et aura toujours ses dirigeants, mais ce n'est pas un régime dépendant impérativement de ses chefs. Depuis presque sa fondation, la RII fonctionne selon un modèle collégial. La mort ou l'assassinat de l'un ou de plusieurs de ses dirigeants ne provoquent aucune paralysie : les instances collégiales se réunissent, s'activent et désignent ou élisent de nouveaux responsables. Ce fut le cas lors de l'agression de juin 2025...

Réflexions à Dubaï

Peter Hänseler se trouve avec sa famille à Dubaï. Une analyse sobre d’un séjour de vacances qui n’en est plus un. Par Peter Hänseler Il y a un peu plus de trois semaines, je fis escale à Dubaï sur le chemin du retour vers la Suisse pour rencontrer mon ami et coauteur Simon Hunt, ainsi que d’autres personnes intéressantes, afin de discuter de l’évolution préoccupante de la situation géopolitique. J’étais inquiet du déploiement de troupes américaines dans le golfe Persique, tout en espérant que la guerre n’éclaterait pas. Une guerre qui, selon moi, ne surviendrait que si les Américains sous-estimaient totalement la situation et leurs propres capacités. Scott Ritter, qui dressait déjà dans son dernier article publié chez nous – « Guerre contre l’Iran » – un tableau sombre, ou encore Larry Johnson, avaient raison. Les Américains ont perdu tout contact avec la réalité. La guerre est là. Avec Simon Hunt, j’ai rencontré un homme très cultivé, un investisseur indien prospère vivant à Dub...

Réarmement et distraction de masse

  Par Giampaolo Conte Réarmement et stratégie capitaliste-militariste Le chant du réarmement, amplifié par la création ad hoc d’un ou de plusieurs ennemis extérieurs et par la promesse d’atteindre 5% de dépenses de PIB, peut être considéré comme la stratégie capitaliste-militariste classique, conçue pour déclencher un nouveau processus d’accumulation du capital au bénéfice d’un petit cercle d’élites. ​L’utilisation de la production d’armes pour revitaliser l’accumulation capitaliste n’a certes rien de nouveau dans l’histoire. ​La naissance du capitalisme industriel en Italie est due en grande partie à la stimulation des dépenses de guerre impulsées par l’État. D’autres exemples bien connus sont le plan de réarmement allemand après l’arrivée du nazisme au pouvoir en 1933 — qui conduira l’Europe et le monde à la Seconde Guerre mondiale — ou encore le programme de dépenses militaires mis en œuvre par Reagan dans les années 1980, puis par Bush au début du nouveau siècle, qui d...

Quand le code remplace la conscience

  Par Irshad Ahmad Mughal et Dr. Qurat al Ain Rana Au siècle dernier, des millions d’êtres humains sont morts dans les conflits de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. L’Europe, fière de sa philosophie et de son progrès, a incendié le monde au nom de la raison, de la nation et de la supériorité. L’arrogance portait un uniforme, marchait sous des drapeaux et invoquait son propre destin de destruction. On nous a dit que l’humanité avait appris sa leçon. On nous a promis que des chartes et des déclarations empêcheraient toute rechute dans la folie organisée. Pourtant, aujourd’hui, les flammes reviennent. Elles ne sont plus portées par des chars, mais par des algorithmes, des systèmes de surveillance et des machines silencieuses. L’arrogance a changé de costume. Elle parle désormais le langage de l’efficacité, de l’innovation et de l’ordre numérique. Le grand livre des droits humains, jadis écrit alors que le sang était encore frais sur la terre, est peu à peu remplacé. ...