La gauche défend les biens essentiels, mais elle a perdu la bataille du désir
Par Alexandro Sabetti La gauche continue de s’adresser à un peuple imaginaire, tout en sous-estimant la puissance des désirs fabriqués par les médias et la consommation. Les biens publics sont indispensables, mais leur bon fonctionnement les rend presque invisibles. Sans un nouvel imaginaire, la gauche abandonne à la droite le monopole de la représentation. Les meilleurs biens, la pire vitrine Le Brésil est le dernier faux pas d’une gauche qui, depuis trente ans, semble s’être spécialisée dans l’art d’expliquer ses défaites sans jamais en comprendre pleinement les raisons. À chaque revers viennent les analyses, les autocritiques, les procès et les autodafés. Mais un angle mort demeure, que toutes ces explications ne parviennent pas réellement à éclairer : la gauche continue de parler d’un peuple qui, entre-temps, a changé. Elle n’a toujours pas compris qui sont les nouvelles classes populaires, ce qu’elles regardent, ce qu’elles désirent, ni pourquoi elles se sentent davantage ...