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Où va le monde ?

Par Sergio Rodríguez Gelfenstein De la fin de l’URSS au débat sur le nouvel ordre mondial Après la disparition de l’Union soviétique, et avec elle la fin de la guerre froide et du monde bipolaire, un débat s’est ouvert qui dépassait le strict cadre théorique et conceptuel : il s’agissait de déterminer quel type de système international allait s’imposer sur la planète. La solution de cette controverse ne fut pas immédiate. La dernière décennie du siècle passé fut chaotique et anarchique, sans qu’un ordre déterminé ait réussi à prévaloir. Des forces contradictoires se disputaient la scène : d’un côté, les États-Unis cherchaient à instaurer un monde unipolaire, de l’autre, une large majorité de pays défendaient l’idée d’un monde multipolaire. ​ Le 11 septembre 2001 : acte fondateur de l’unipolarité Cette diatribe – qui, comme je l’ai dit plus haut et tiens à le répéter, va bien au ‑ delà d’une simple discussion théorique – s’est trouvée « tranchée » en faveur des États-Unis le 11 ...

Hégémonisme, expansion et droit à la résistance

  Par Alexander Tuboltsev Les plans expansionnistes des États-Unis et leur désir maniaque de redessiner la carte du monde représentent une menace directe pour tous les États libres et souverains. La seule garantie réelle de protection de la souveraineté réside dans une résistance résolue à cette expansion. Quand les empires en crise se jettent dans l’escalade À travers l’histoire, les puissances hégémoniques en crise ou en phase de déclin se sont presque toujours lancées dans une fuite en avant guerrière. L’un des exemples les plus parlants est celui de l’Empire espagnol dans la seconde moitié du XVIIᵉ siècle. Vieillissant, miné par des problèmes économiques, budgétaires, industriels et administratifs, il n’en poursuivait pas moins une politique d’expansion agressive. C’est à cette époque que l’Espagne colonise violemment les îles Mariannes (dont Guam), provoque une guerre navale avec le Brandebourg en mer du Nord, continue ses conquêtes en Amérique centrale (au nord de l’a...

Trump renverse l’ordre mondial

Par John Feffer L’approche chaotique de l’administration Trump s’applique à tous les aspects de la politique américaine. Lorsque Robert F. Kennedy Jr., le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, a voulu modifier les recommandations alimentaires de son agence, il a fait quelque chose de très simple : il a pris la pyramide alimentaire et l’a retournée. Après des années à promouvoir les céréales complètes, les légumineuses et les légumes, l’agence recommandait désormais de privilégier la viande et les produits laitiers. Cela ressemblait à une plaisanterie. Ce n’en était pas une. Kennedy a baptisé sa pyramide inversée – avec la viande au sommet et les céréales complètes à la base – « Mangez de la vraie nourriture ». Un nom plus approprié aurait été : « Soutenez les éleveurs et préparez-vous à une crise cardiaque ». L’approche renversée de l’administration Trump s’applique à tous les domaines de la politique américaine. Les États-Unis ont besoin des immigrés sans papiers ...

Je ne saurai comment te le dire

Par Alfredo Serrano Mancilla Un jour, ma fille, tu me demanderas ce qu’il se passait dans le monde pendant ta première année de vie. Et je resterai là, un long instant, à chercher les mots. Je les chercherai dans ma mémoire comme on cherche, au fond de la mer, une bouteille échappée des mains d’un naufragé.   Comment te dire, Lola, qu’il existait un homme mauvais, si mauvais qu’il croyait que les bombes pouvaient convaincre, que la peur était un instrument légitime, et que la mort, parfois, servait à faire taire le désaccord ?   Comment te dire qu’il habitait un château, et qu’un jour, il en fit une forteresse pour agresser le monde  tout en clamant, la main sur le cœur, qu’il méritait une médaille pour la paix ?   Comment te dire, petite, qu’il se disait juste et bon, alors qu’il cachait, dans les recoins sombres de ses armoires, les preuves d’une âme sale, les images de ses propres trahisons ?   Comment te dire qu’il ouv...

Davos, le forum des privilégiés : là où se décide le monde... sans le monde

Un forum de milliardaires peut-il sauver un monde qu'eux-mêmes mettent en danger ? Chaque janvier, un coin de Suisse devient l'épicentre symbolique du pouvoir mondial. Le Forum de Davos réunit présidents, banquiers et grands entrepreneurs pour débattre de l'avenir de la planète. Ils prétendent s'inquiéter du changement climatique, de la pauvreté et de l'équité. Mais les voix qui s'y font entendre ne représentent pas le monde réel, mais ceux qui l'administrent depuis les sommets. Cet article explore les origines, les objectifs et les contradictions d'un événement qui promet des solutions tout en défendant le même système qui génère les problèmes. Par Martín Álvarez ​Si l'on voulait imaginer un lieu où les grands pouvoirs de la planète se regardent dans les yeux, concluent des accords sans rien signer et décident du sort du monde comme on choisit un vin pour le dîner, il n'aurait pas besoin de recourir à la fiction. Ce lieu existe et s'ap...

Un empereur sans carte, qui met en danger l’existence même de l’espèce

Combien de fois le bouffon qui dirige la planète Terre devra-t-il se tromper avant que nous décidions de dire  « ça suffit »  ? Trump n’est plus un accident. Il est un avertissement sévère adressé à chacun d’entre nous. Son second mandat n’est pas une répétition, c’est un véritable délire. Un monde gouverné par la désinformation, la haine et le spectacle a besoin de bien plus que de votes pour se défendre : il lui faut de la mémoire, de l’organisation et beaucoup de courage. ÉDITORIAL Un pays avec plus d’ogives nucléaires que d’universités. Un homme avec plus de phrases incendiaires que d’idées. Un bureau ovale, et, assis à nouveau dedans, un visage familier : Donald Trump. Le même qui, il y a à peine quelques heures, à la conférence de Davos, a confondu le Groenland avec l’Islande, trouvé « magnifiques » les lunettes d’un dirigeant européen (Macron), tout en exhibant publiquement un œil gravement tuméfié qu’on tentait de lui dissimuler. Cet homme, militairement ...

Minneapolis : quand la rage s’enflamme et que l’Amérique profonde se révolte

Une réflexion terrifiée sur le moment précis où la peur remplace la politique. Minneapolis n’est pas une ville inventée : c’est un miroir déformant de nombreuses sociétés actuelles. Là-bas, la peur n’est plus une émotion, c’est un instrument de gouvernement. Ce texte propose un voyage à travers les formes par lesquelles la surveillance, la punition et le contrôle s’intègrent au quotidien jusqu’à le rendre méconnaissable. Quelle humanité subsiste lorsque le pouvoir s’exerce sous le visage de l’ordre ? Par Máximo Relti À un coin de rue de Minneapolis, un enfant se bouche les oreilles. Il ne veut pas entendre. On lui a appris que le monde est une grande école où les leçons les plus importantes s’apprennent à la dure. Par la télévision, par la radio, par les sirènes, par les tirs. Et parfois, par le silence. Il y a quelques jours, les rues de cette ville se sont emplies de fumée, de cris, de pierres qui s’envolaient comme des questions. Une fois encore, la police a fait son travail...

Le plus grand secret de l’histoire : 30 000 ans sans État ni autorité

Vivons-nous aujourd’hui comme on a toujours vécu ? Ou bien comme jamais auparavant ? Avec une persévérance remarquable, depuis nos premières années d’école, on nous a inculqué l’idée que sans gouvernement, tout sombrerait dans le chaos. Pourtant, l’histoire de l’humanité contredit frontalement cette hypothèse. Pendant des dizaines de milliers d’années, les différentes sociétés de cette planète ont vécu sans rois ni États… mais aussi sans banques ni entreprises. Cet article de notre collaborateur Manuel Medina nous ramène à ce passé radicalement différent, qui déconstruit aussi bien la peur du chaos que la foi aveugle dans le capital. Par Manuel Medina Les chefs, les gouvernants, les châtiments et les prisons ont-ils toujours existé ? Ou bien l’humanité a-t ‑ elle pu vivre, durant des mill é naires, sans leur pr é sence ? La vérité historique, c’est que pendant plus de 30 000 ans, il n’y eut ni rois, ni police, ni punitions, ni prisons. Et pourtant, ces sociétés n’étaient pas ch...

Tout le monde veut la paix… jusqu’à ce que la propagande de guerre commence

Par Caitlin Johnstone Tout le monde est anti-guerre, jusqu’à ce que la propagande de guerre se mette en marche. Chaque personne normale vous dira qu’elle veut la paix et qu’elle abhorre la violence à grande échelle. Puis les grands médias se mettent, comme toujours, à produire en série des reportages sur des atrocités commises dans un pays ciblé par l’empire, et soudain, ces mêmes personnes se retrouvent à soutenir des frappes aériennes sur la capitale de ce pays — tout en croyant être arrivés à cette conclusion par eux-mêmes. Cela se produit parce que la plupart des gens ignorent que les médias occidentaux n’existent pas pour informer, mais pour diffuser la propagande au service de l’empire occidental. Nos chaînes d’information. Nos moteurs de recherche. Nos algorithmes de réseaux sociaux. Nos principales sources d’information en ligne. Nos podcasts dominants et nos commentateurs sur YouTube. Nos chatbots d’intelligence artificielle. Tout cela est truqué par les riches et les ...

Europe : alliance ou vassalisation avec les États-Unis ?

Un voyage historique et politique pour comprendre comment, au fil des sept dernières décennies, les États-Unis ont réussi à faire de l’Europe occidentale leur « jardin de devant ».   Depuis plus de soixante-dix ans, l’Europe occidentale est présentée comme le symbole de la « démocratie, du progrès et de la civilisation ». Mais sous cette vitrine décorée se cache une dépendance structurelle très forte vis-à-vis des États-Unis. De l’occupation militaire après la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux décisions actuelles en matière de politique étrangère et énergétique, le continent a suivi — consciemment ou résigné — les chemins tracés par Washington. Dans cet article de notre collaborateur Manuel Medina, l’auteur explore, à travers un voyage historique et politique passionnant, comment s’est tissé l’enchevêtrement de cette subordination, et pourquoi celle-ci reste aujourd’hui plus d’actualité que jamais au XXIᵉ siècle.   Par Manuel Medina Pendant des décennies, l’Amériqu...