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L’anticommunisme est un discours destiné aux idiots

Par Elvin Calcaño Les gens sont aujourd’hui aussi abrutis que précarisés. Les droites hypernéolibérales construisent leur discours sur l’anticommunisme et agissent en conséquence : elles nous font combattre des fantômes qui n’existent pas. Pendant ce temps, ce qui existe réellement nous pourrit la vie, nous précarise et, au passage, détruit la planète. Le capitalisme qui précarise les existences C’est le capitalisme, dans sa forme techno-financière actuelle, qui précarise la vie des gens. Il transforme la promesse de la propriété privée — avoir une maison, une voiture et des économies — en une illusion que les majorités ne peuvent apercevoir que dans les films ou les vidéos sur les réseaux sociaux. Il engendre ainsi des sociétés composées de majorités de perdants et de minorités — toujours plus réduites et arrogantes — de gagnants. L’économie des services, constitutive de ce que Varoufakis définit comme le « technoféodalisme », produit avant tout des emplois précaires : des emp...

Ursula von der Leyen se couronne Führer européen

Par Dante Barontini Dès les premières phrases du « Discours sur l’état de l’Union européenne » prononcé par Ursula von der Leyen devant le Parlement continental, il est difficile, pour un citoyen-sujet de cet ensemble, de ne pas ressentir à la fois gêne et colère. Entendre déclarer que « c’est une Europe qui assure sa prospérité. Qui se libère de sa dépendance toxique aux combustibles fossiles russes. C’est devenu la plus grande puissance commerciale de la planète. Cela transforme sa politique industrielle, tout en soutenant notre modèle social unique » fait sérieusement douter de la santé mentale de celle qui exerce les fonctions de présidente de la Commission — le « gouvernement » de l’UE. Une prospérité en ruines Un continent qui voit son appareil industriel fondre comme neige au soleil, à commencer par l’Allemagne même qui a choisi cette aristocrate, vierge de toute expérience politique jusqu’à bien après ses 40 ans. Les 100 000 licenciements annoncés chez Volkswagen ne son...

Alors, qui sont les terroristes ?

Qui, ces 30 dernières années, a envahi le plus de pays, bombardé le plus de nations étrangères, renversé des gouvernements, imposé des sanctions dévastatrices et imposé ses militaires dans le monde ? Par George Hazim Après Gaza, le Liban, la Syrie, l’Iran et des décennies de guerres, d’interventions et de changements de régime, le monde est en droit de poser cette question dérangeante : qui menace réellement l’ordre international ? Depuis des décennies, les États-Unis jouissent d’un privilège extraordinaire : le pouvoir non seulement de mener des guerres, d’imposer des sanctions, de renverser des gouvernements et d’armer leurs alliés, mais aussi de décider du discours que le monde est censé adopter pour interpréter ces mesures. Les ennemis sont des “régimes”. Les alliés sont des “gouvernements”. Les ennemis commettent des “agressions”. Les alliés des “interventions”. Les ennemis diffusent de la “propagande”. Ils pratiquent la “communication stratégique”. Les ennemis sont des te...

Le grand mensonge qui se répète

Par Peter Noordendorp Comment le récit de l’après-Seconde Guerre mondiale a servi à dissimuler la vérité, et son lien avec le traitement des réfugiés aujourd’hui Le récit selon lequel l’ensemble de l’Occident ignorait ce que l’Allemagne nazie faisait subir aux juifs est l’un des mensonges les plus grands et les plus honteux que l’Occident ait entretenus. Dès 1933, lorsque Hitler et son Parti nazi remportèrent les élections en Allemagne, et jusqu’en 1940, tous les gouvernements d’Europe ainsi que celui des États-Unis purent très clairement voir comment les juifs allemands furent d’abord privés de leurs droits civiques, puis ouvertement attaqués, maltraités et même assassinés. À cette époque, des journalistes venus de toute l’Europe étaient présents à Berlin et informaient sans aucun doute leurs journaux de ce qui se passait. Le gouvernement néerlandais, lui, qualifia Hitler de « chef d’État ami » et interdit une émission radiophonique des Libres Penseurs qui alertait la populati...

On ne vainc pas l’extrême droite mondiale avec de la propagande

Pourquoi les partis d’extrême droite progressent-ils dans tant de pays ? Par Eloy Cuadra Il y a quelques jours, José Luis Sastre, journaliste de la Cadena SER, s’exprimait avec inquiétude au sujet des résultats extraordinaires du parti d’extrême droite AfD aux élections régionales de Saxe-Anhalt, en Allemagne. L’animateur commentait la manière dont ils avaient tout raflé avec 43,8 % des voix, une bonne part de celles-ci parmi les chômeurs, les précaires, les salariés, les indépendants, les abstentionnistes, les jeunes et les retraités. À la fin de son plaidoyer, le journaliste se demandait si cette progression continue des partis d’extrême droite dans toute l’Europe ne pouvait pas venir du fait que nous ne nous étions pas posé les bonnes questions. Je ne pourrais pas être davantage d’accord avec lui. Alors allons-y, posons-nous les questions qu’il faut se poser. Il y en a essentiellement trois, seulement trois. Et le problème — je le précise — ne réside pas dans les questions, fa...

Les capitalistes reconnaissent que le capitalisme est un désastre

Par Marcelo Colussi Le système socioéconomique et politique qui régit aujourd’hui l’immense majorité des pays, né en Europe il y a au moins cinq siècles, désormais étendu à toute la planète et — surtout — diffusé et profondément ancré dans les consciences de presque toute la population mondiale, c’est le capitalisme. À côté des expériences socialistes qui subsistent encore, clairement non pas en expansion mais en survie dans des conditions étouffantes — à l’exception de la Chine, cas atypique —, il peut se présenter lui-même, dans une falsification absolue de la réalité, comme l’expression suprême du développement, de la prospérité et de la liberté humaine. Pourtant, au-delà de ce récit triomphaliste diffusé avec exaltation, la réalité est tout autre : tandis qu’il produit sans interruption des richesses, sa manière de les répartir engendre simultanément une pauvreté et un mal-être infinis. Il y a suffisamment de nourriture pour alimenter correctement toute l’humanité, et pourtan...

Notes pour comprendre ce monde chaotique

Par Elvin Calcaño Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis se sont constitués en empire mondial. Ils ont précisément exercé leur domination en convainquant le reste du monde que le modèle de société qu’ils incarnaient était moralement et matériellement supérieur. Si cet empire doit aujourd’hui recourir à la force, c’est parce qu’il ne convainc plus. I. Un empire qui ne convainc plus L’histoire — qui, comme le disait Mario Tronti, est la grande maîtresse de la politique — montre que lorsqu’un empire recourt à la force, c’est qu’il n’est plus fort. Pour être durable dans le temps, le pouvoir doit fonctionner comme une domination acceptée, selon Weber. Le pouvoir implique toujours une relation intrinsèquement inégale, puisqu’il divise entre ceux qui le détiennent et ceux qui ne le détiennent pas. Ainsi, lorsqu’on affirme que, pour perdurer, il doit être accepté, cela signifie qu’il doit être perçu comme une bonne chose par ceux qui en sont privés. Après la Seconde Guerre...

La mine que nous portons en nous

Par Txema García À première vue, personne n’appelle cela de l’« extractivisme ». Pourtant, dès qu’on prend le temps de l’expliquer, le mécanisme devient reconnaissable : il s’est imposé comme l’un des maux endémiques de notre époque. L’extractivisme ne concerne pas seulement les mines à ciel ouvert, les forêts rasées, les nappes phréatiques asséchées ou les territoires pillés par de grandes entreprises. Il peut aussi s’installer dans nos couples, nos familles, nos amitiés, nos lieux de travail, nos usages numériques et nos institutions politiques. Car ce que l’on extrait n’est pas toujours du lithium, du pétrole ou du bois. Il peut s’agir de temps, d’attention, de patience, de désir, de soins, de reconnaissance, de relations, d’argent, de présence ou de réconfort. Au début, personne ne le nomme ainsi. Mais nous connaissons tous ces scènes. Elle dit qu’elle a besoin de se sentir aimée. Lui répond qu’il a besoin d’espace. Une mère rappelle tout ce qu’elle a fait pour son fils. ...

Un capitalisme agonisant

Par Prabhat Patnaik Les signes de décomposition et de décrépitude d’un capitalisme agonisant sont aujourd’hui trop manifestes pour être ignorés. Ce n’est évidemment pas la première fois que le système donne de tels signes : il l’avait déjà fait entre 1914 et 1945, période qui avait confirmé le pronostic de Lénine selon lequel il s’agissait d’un système moribond. La différence entre cette époque et la nôtre réside dans la réponse que le système avait alors apportée à la crise qui l’avait englouti. Les réformes de l’après-guerre À cette époque, le système avait réagi — que ce fût par choix ou sous la contrainte — en se « réformant » d’au moins trois manières distinctes. La première consistait en la décolonisation politique, à laquelle des dirigeants bourgeois tels que Winston Churchill s’opposaient alors avec véhémence, tout en cherchant à conserver le contrôle des ressources du tiers-monde par d’autres moyens. La deuxième fut l’introduction généralisée de la démocratie élector...