Mémoire ou barbarie : le fascisme change de visage
Par Jorge Enrique Jerez Belisario Les réseaux sociaux sont les nouveaux camps : c’est là que le fascisme endoctrine, recrute et assassine la vérité à coups de clics. Tandis que les fours de Buchenwald fumaient sur des cendres humaines, le monde croyait avoir retenu la leçon. Mais aujourd’hui, le néofascisme n’a plus besoin de cheminées : il dispose de serveurs numériques, d’algorithmes qui récompensent la haine et de dirigeants qui se lavent les mains pendant que le poison se répand sans contrôle. Buchenwald : une mémoire indélébile Une expérience m’a marqué à jamais. J’ai été à Buchenwald. J’ai marché sur cette terre où des milliers d’antifascistes, de juifs, de Roms, de communistes et d’homosexuels furent réduits en cendres et en numéros. J’ai touché les baraquements, respiré l’air dense de cette horreur industrialisée et contemplé les crématoires avec la certitude que cela n’avait rien d’une folie passagère : c’était la logique du capitalisme dans sa phase la plus prédatrice. ...