Des murs, des distances et de l’amour
Par Thalía Fuentes Puebla 317 est un chiffre que je hais aujourd’hui plus que jamais. 317, c’est à peu près cinquante fois la distance entre La Havane et Hanoï, d’où une amie parle chaque jour avec son mari, resté à La Havane, après presque deux ans sans se voir. 317, c’est aussi une distance dérisoire : celle qui sépare la capitale de Trinidad, cette ville de Sancti Spíritus aux rues pavées et maisons coloniales. Là-bas, à 317 kilomètres, il vit. Il existe une routine invisible dans l’amour à distance. Elle commence avec le premier message du matin et s’achève avec le dernier, juste avant de dormir. Entre les deux, des audios qu’on réécoute, des photos qui ne disent pas tout, des silences qu’Internet ne pardonne pas. Ce n’est pas moins réel, mais cela pèse autrement. Nous nous sommes rencontrés il y a trois ans, en amis, sans mesurer les kilomètres ni anticiper les manques. Puis l’amour est arrivé — avec lui, la certitude que s’aimer signifierait aussi attendre. Aujourd’hui, nou...