Notes pour ne pas être manipulés par la guerre contre l'Iran

 Par Augusto Zamora, ancien diplomate nicaraguayen

1. Prudence face à la hâte

La guerre criminelle d'agression contre l'Iran n'a commencé qu'il y a deux jours. Même si elle en durait quatre ou six, tant qu'elle ne s'achève pas, c'est un délai bien trop court pour en tirer la moindre conclusion. Il faut attendre patiemment, sans se laisser entraîner par les prophètes de malheur.

2. Un système collégial, non personnel

La République islamique d'Iran (RII) est un système politique, économique et social qui a eu, a et aura toujours ses dirigeants, mais ce n'est pas un régime dépendant impérativement de ses chefs. Depuis presque sa fondation, la RII fonctionne selon un modèle collégial.

La mort ou l'assassinat de l'un ou de plusieurs de ses dirigeants ne provoquent aucune paralysie : les instances collégiales se réunissent, s'activent et désignent ou élisent de nouveaux responsables. Ce fut le cas lors de l'agression de juin 2025 ; c'est encore le cas aujourd'hui.

3. Le martyre de Khamenei, facteur d'unité

L'assassinat du Guide suprême d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, n'a entraîné aucune paralysie. Un successeur provisoire est déjà désigné et, en temps voulu, son remplaçant définitif sera élu.

Le martyre de Khamenei n'a pas provoqué de rupture politique, mais bien un puissant élan d'unité au sein de la majorité des Iraniens.

Assassiner Khamenei, c'est comme assassiner le Pape de Rome, pour prendre une comparaison parlante. Des millions de musulmans ont été condamnés pour ce crime. Et, comme l'affirmait Robespierre : « Personne ne veut de missionnaires armés ».

4. Méfiance envers les sources dominantes

La grande majorité des informations sur cette guerre d'agression proviennent de sources sionistes, atlantistes et nord-américaines. À manipuler avec des gants, des pinces et un masque. À de rares exceptions près, la moitié de ces informations sont fausses, l'autre moitié manipulée.

Les sionistes cachent les dégâts et destructions infligés par l'Iran ; les États-Unis ne disent jamais la vérité, sauf lorsqu'elle coïncide avec leurs intérêts. Il faudra du temps avant de connaître la réalité des faits.

5. Une guerre de résistance

Cette guerre est une guerre de résistance. Elle sera gagnée par celui qui tiendra le plus longtemps et au prix du plus grand sacrifice.

Les nazis-sionistes privilégient les guerres courtes et les victoires éclair : ils n'ont ni les ressources ni les moyens d'en soutenir de longues. Faute de succès immédiat, ils finissent par fournir leur monstre protecteur — les États-Unis — de retirer leurs missiles du feu.

Washington n'a aucun intérêt à ce que le conflit s'éternise ; une guerre prolongée ruinerait ses alliés du Golfe, notamment les États arabes qui, tôt ou tard, appelleraient, elles aussi à un cessez-le-feu.

6. L'illusion militaire occidentale

Il n'y a ici aucun scénario hollywoodien. Depuis la guerre de juin 2025, il a été démontré que le stock de missiles des États-Unis et d'Israël est limité, difficile et prêt à reconstituer.

Les revues Military Watch (2025) et Bloomberg (hier) s'accordent sur un fait : les réserves américaines de bombes à pénétration et de missiles sont faibles et pourraient s'épuiser en quelques jours.

Cela s'est déjà produit en 2025. Notons ce fait essentiel : il s'agit d'une agression aéronavale reposant entièrement sur les missiles et les bombardiers. Ou, avec peu de munitions, les guerres ne durent pas.

7. L'Iran, une puissance capable de durer

La République islamique d'Iran n'est ni la Libye ni la Syrie. C'est une puissance territoriale, technologique et militaire, sans arrière-garde ennemie. Elle peut tenir, comme elle l'a déjà fait en 2025.

Les scénarios restent ouverts : une guerre de quelques mois, de nombreux mois, ou un cessez-le-feu avec une nouvelle trêve.

Mais une chose est claire : il n'y aura pas de promenade militaire pour les États-Unis. Il n'y en a plus eu depuis la Corée, en 1953.

Les États-Unis savent commencer des guerres, mais, jusqu'à présent, ils n'en ont gagné aucune. Ils n'ont pu le faire à l'apogée de leur puissance (19451975) ; il leur sera d'autant plus difficile d'y parvenir aujourd'hui, en pleine décadence.

Conclusion

Ce qu'il faut, plus que jamais : patience, lucidité et résistance face à la manipulation. L'histoire tranchera — mais la vérité, elle, exige du temps.

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

2026 : les guerres qui viennent

Les Européens doivent-ils se réhabituer à mourir à la guerre ?

Pourquoi le socialisme revient toujours