Comment Trump s’achemine vers la défaite la plus écrasante de l’histoire américaine
Par Ali Al-Darwani – Site Ansar Allah
Les États-Unis : un empire prisonnier de ses guerres
Depuis le Vietnam, en passant par l’Afghanistan et l’Irak,
Washington répète le même scénario : une victoire militaire rapide suivie d’un
enlisement interminable et d’un retrait humiliant. Les États-Unis, bien
qu’armés jusqu’aux dents, se heurtent sans cesse à la résistance des peuples et
à l’impossibilité de convertir leurs victoires tactiques en résultats
politiques durables.
De ces revers successifs est né un paradoxe : la première
puissance militaire mondiale ne sait plus comment gagner ses guerres.
Les principes de Trump vacillent sous pression
C’est dans ce contexte de défaite chronique que Donald Trump
a bâti son discours isolationniste sur le thème « America First » et son
engagement à dire « non aux guerres ». Mais derrière la façade populiste, les
réalités du pouvoir et les influences extérieures ont pesé lourd.
Selon plusieurs observateurs, les pressions israéliennes
exercées par Benyamin Netanyahou, renforcées par le spectre des dossiers
Epstein, auraient poussé Trump à trahir ses propres promesses. Le président,
initialement décidé à rompre avec les guerres sans fin, se retrouve ainsi
engagé dans une confrontation bien plus périlleuse.
L’illusion d’une victoire éclair contre l’Iran
Lorsque Trump a ordonné des frappes contre l’Iran, il
espérait une victoire express en quatre jours. Son plan reposait sur une
opération d’assassinat visant le Guide suprême et les principaux commandants
militaires iraniens, dans l’idée naïve que la décapitation du régime
entraînerait sa chute.
Mais la réalité iranienne s’impose : la République islamique
n’est pas un État fragile. Elle repose sur une structure de commandement
décentralisée, une idéologie de défense sacrée et une culture du martyre. Ces
fondements transforment toute invasion en guerre d’usure, dont le coût serait
insupportable pour Washington.
La pénurie de munitions fait trembler le Pentagone
Selon The Washington Post, la haute hiérarchie militaire
américaine s’alarme d’un possible enlisement. Le problème ne réside pas
seulement dans les pertes humaines potentielles, mais dans l’épuisement rapide
des stocks de défense aérienne et de munitions intelligentes.
Les avertissements du général Dan Keane, chef d’état-major,
sont restés lettre morte : il expliquait que le manque de soutien allié et la
pénurie logistique exposaient les soldats américains à un désastre prévisible.
Un suicide stratégique face à une puissance enracinée
S’engager contre l’Iran, c’est affronter une géographie
redoutable — montagnes infranchissables, vastes étendues désertiques — mais
aussi une idéologie combattante où la mort est une victoire spirituelle. Chaque
ville, chaque rivage, devient un champ de bataille potentiel de résistance.
Ce conflit dépasserait largement les frontières iraniennes :
bases et ambassades américaines seraient ciblées par des missiles et des drones
venus de plusieurs fronts, tandis que Téhéran pourrait fermer le détroit
d’Ormuz et paralyser le flux pétrolier mondial. Une telle spirale provoquerait
une flambée du prix du pétrole et plongerait l’économie américaine dans une
inflation incontrôlable — un désastre total, aux conséquences planétaires.
Pourquoi la Chine jubile en silence
À Pékin, cette crise est perçue comme une aubaine
stratégique. Tandis que les États-Unis gaspillent leurs ressources au
Moyen-Orient, la Chine se renforce dans le Pacifique, autour de Taïwan et en
mer de Chine méridionale.
Elle se positionne en puissance stable et responsable, tout
en observant la performance des armes américaines face à la technologie
orientale. Pour les stratèges chinois, chaque missile américain tiré sur l’Iran
rapproche un peu plus la Chine du leadership mondial.
La Russie encaisse les dividendes du chaos
Pour Moscou, la confrontation américano-iranienne apporte
deux bénéfices majeurs : des revenus pétroliers records dus à la hausse des
prix de l’énergie et une diversion du soutien militaire occidental à l’Ukraine.
À mesure que Washington s’enlise, le front ukrainien perd
son urgence. Cela permet à Vladimir Poutine de consolider ses positions et de
s’imposer durablement comme un acteur incontournable de la scène mondiale. En
épuisant leur ennemi commun, Russes et Chinois voient se dessiner la fin du
monde unipolaire dominé par les États-Unis.
Washington face au spectre de la défaite ultime
Aveuglé par son alliance avec Netanyahou et son obsession
d’une victoire symbolique, Donald Trump aurait ignoré les leçons du passé. Mais
les précédents sont clairs : le Vietnam a brisé l’orgueil américain,
l’Afghanistan a vidé ses coffres, et l’Irak a révélé son impuissance.
La guerre contre l’Iran pourrait bien les surpasser toutes.
Ce qui se profile à l’horizon, ce n’est pas seulement la défaite d’un président,
c’est peut-être la chute définitive d’un siècle de domination américaine.
Traduction Bernard Tornare
Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte
original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
Commentaires
Enregistrer un commentaire