Fascisme et nazisme, toujours vivants sous la domination de l’Europe et des États-Unis
Par Stalin Vladimir Centeno
Les origines du fascisme
Le fascisme est né en Europe après la Première Guerre
mondiale comme une réponse violente des élites à l’avancée du mouvement ouvrier
et du socialisme. Son créateur, Benito Mussolini, donna forme en 1919 à cette
doctrine pour la mettre au service du grand capital, du militarisme et du
nationalisme extrême.
Il est essentiel de préciser que le fascisme ne vient pas de
la gauche et encore moins pour la gauche. Il a été conçu comme un instrument
pour l’écraser, imposer un ordre hiérarchique, soumettre la société et exiger
une obéissance absolue.
Le nazisme et sa radicalisation
Le nazisme apparut ensuite en Allemagne avec Adolf Hitler, à
partir de 1920, lorsque le Parti national-socialiste des travailleurs allemands
se consolida comme force politique. Hitler régna sur l’Allemagne entre 1933 et
1945, reprenant cette même base doctrinale et la poussant à son extrême en
érigeant la suprématie raciale en politique d’État.
Sous son commandement, le régime nazi exécuta l’Holocauste,
coûtant la vie à environ six millions de Juifs, ainsi qu’à des millions de
communistes, de Tsiganes, de personnes handicapées, de prisonniers de guerre
soviétiques et d’opposants politiques. Les deux systèmes partageaient la même
essence : haine de l’égalité, mépris de la vie humaine et légitimation de la
violence comme forme de domination.
Le fascisme contemporain à visage impérial
Aujourd’hui, le fascisme et le nazisme sont plus vivants que
jamais. L’empire yankee a, au XXIᵉ siècle, appliqué une politique de force
issue de cette même matrice : invasions, coups d’État, destructions de villes
et d’infrastructures civiles, lancement de deux bombes atomiques — les seules
de l’histoire à avoir visé des populations civiles —, exécutions
extrajudiciaires, prisons illégales, pillage systématique des ressources
naturelles et guerres sur tous les continents.
À cela s’ajoute une hégémonie imposée par le dollar et par
une militarisation permanente, avec des bases déployées dans le monde entier.
Cette forme d’exercice du pouvoir repose sur l’idée que certaines vies valent
moins que d’autres et que le châtiment collectif est acceptable dès lors qu’il
est décidé par le centre impérial. Cette logique nie tout principe humaniste et
s’inscrit pleinement dans les pratiques fascistes contemporaines.
Le colonialisme européen, complice actif
Le colonialisme européen n’a jamais été un simple
spectateur. Il a accompagné, légitimé et approfondi ce schéma : sanctions
économiques visant à asphyxier des nations entières, blocus financiers frappant
directement les populations civiles, mesures restreignant la nourriture,
limitant l’accès aux médicaments, renchérissant l’énergie et détruisant
l’emploi.
S’y ajoutent la confiscation d’actifs souverains,
l’exclusion des systèmes de paiement, la pression sur les monnaies et les
banques, ainsi que l’imposition de plafonds ou de veto commerciaux paralysant
les industries et rendant la vie quotidienne insupportable. Ces actions
économiques sont menées en pleine connaissance de leurs conséquences sociales.
Il faut le rappeler : le fascisme moderne ne tue pas toujours par balles, il
tue par la faim, le froid et la pénurie.
Le visage fascisant des politiques migratoires
européennes
La politique migratoire européenne montre crûment la
continuité de cette idéologie. Il suffit de compter les milliers de morts en
Méditerranée : ces personnes ne sont pas mortes par accident, mais victimes de
décisions fascistes bien connues. Les frontières transformées en tranchées, les
réfugiés traités comme des menaces, les centres de rétention devenus
ordinaires, les discours sur l’identité et la pureté culturelle intégrés au
débat institutionnel.
Lorsqu’un continent décide qui mérite d’être sauvé et qui
peut être laissé mourir selon son origine, il applique une logique fasciste en
plein XXIᵉ siècle.
Les États-Unis et l’héritage du nazisme
Les États-Unis reproduisent, eux aussi, au XXIᵉ siècle, des
pratiques issues du nazisme, transposées à la politique contemporaine, sans les
symboles d’autrefois. Leur noyau reste identique : la classification
hiérarchique de la vie humaine. Cette logique s’exprime clairement dans la
doctrine émanant aujourd’hui de la Maison-Blanche, où le pouvoir s’exerce à
partir de la suprématie nationale, de l’imposition par la force et de la
déshumanisation ouverte de l’adversaire.
L’idée d’un pays « appelé » à diriger le reste du monde, de
peuples obligés d’obéir et d’ennemis pouvant être éliminés sans procès ni
questionnement, traduit une vision hiérarchisée de l’ordre mondial.
L’extermination sélective et la logique de la domination
La politique d’extermination sélective, à travers des
opérations militaires secrètes ou ouvertes, la légitimation publique de l’usage
extrême de la force et la banalisation du discours justifiant la destruction de
l’« autre » — qu’il soit qualifié de communiste, de narcotrafiquant ou de
menace à la sécurité —, font partie d’une logique de domination.
Quand le pouvoir se perçoit comme un droit naturel réservé à
quelques-uns et que la vie d’autrui devient une variable négligeable d’une
stratégie hégémonique unipolaire, il faut le dire clairement : cela sent le
nazisme.
Le néonazisme toléré et instrumentalisé
La tolérance et le soutien apportés à des forces armées ou
groupes à composantes néonazies lorsqu’ils servent des intérêts géopolitiques
prouvent que le nazisme n’est pas un véritable tabou pour les puissances
occidentales. On le minimise, on le relativise ou on le cache quand il devient
utile.
Cette complaisance vis-à-vis des idéologies suprémacistes
montre que le problème n’a jamais été leur contenu, mais bien qui les contrôle
et à quelles fins. Soyons clairs : le nazisme n’a pas disparu, il s’est recyclé
entre les mains des Européens et des Yankees.
Le nouvel expansionnisme déguisé
L’expansionnisme du XXIᵉ siècle n’a plus besoin
d’occupations coloniales classiques. Il s’exerce désormais par des bases
militaires, des alliances armées, la pression économique, ainsi que des guerres
idéologiques et médiatiques. Des régions entières se retrouvent encerclées dans
des dispositifs stratégiques servant des intérêts étrangers.
Cette imposition permanente de la force, souvent présentée
comme une recherche de stabilité ou de sécurité, reproduit le principe fasciste
de la domination territoriale sans le consentement des peuples concernés.
Une démocratie vidée de son sens
La démocratie, vidée de son contenu, devient un instrument
fonctionnel, toléré par les États-Unis et l’Europe tant qu’il ne remet pas en
cause leur pouvoir. Des gouvernements soumis à des intérêts financiers et
militaires, des peuples invités à voter sans jamais pouvoir décider : cette
démocratie administrée est parfaitement compatible avec des pratiques
fascistes.
Le processus demeure, la souveraineté disparaît. C’est une
façade qui légitime des décisions déjà arrêtées.
Nommer le fascisme aujourd’hui
Nommer le nazisme et le fascisme aujourd’hui n’est ni
provocation ni exagération. Il s’agit d’identifier des pratiques bien réelles :
suprématie, déshumanisation, châtiment collectif, militarisation, contrôle
social et mépris de la dignité humaine. Les États-Unis et l’Europe ne se
contentent pas de se souvenir de ces systèmes comme d’un passé : ils les
appliquent comme méthode actualisée.
Le XXIᵉ siècle n’a pas enterré le fascisme, il l’a modernisé
et placé au pouvoir sous de nouveaux visages.
Traduction Bernard Tornare
Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur
initial. Les sous-titres sont rajoutés par le traducteur.
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