Drones et espions russes, ou la pseudo paranoïa des politiciens européens
Les élites européennes tentent de duper le public européen, ressuscitant la rhétorique de la “menace rouge” fantasmée de 1939 qui n’a depuis cessé de hanter leurs politiques et leurs discours.
Par Sonja van den Ende
Ils oublient toutefois que les grandes guerres européennes
sont nées au cœur même du continent.
Les politiciens européens sont depuis longtemps préoccupés
par de prétendus “espions” ou “agents” russes et par la menace d’attaques de
drones. Ces dernières semaines, cette prétendue hantise a viré à l’obsession,
avec une soudaine recrudescence des observations de drones signalées à travers
le continent, en particulier dans les pays d’Europe occidentale, comme les
Pays-Bas et la Belgique. Le discours dominant chez ces politiciens laisse
entendre que si les États d’Europe de l’Est, comme la Pologne, sont plus
exposés au risque de sabotage par des agents infiltrés, l’Europe occidentale
serait la cible principale des attaques menées sous forme de drones.
Bien sûr, dans de nombreux cas, la plupart de ces “informations” sont fausses. Démêlons le vrai du faux.
Au cours des premières semaines de novembre 2025, plusieurs
cas mystérieux d’apparition de drones au-dessus d’aéroports et de bases
militaires belges, comme l’aéroport de Bruxelles (Zaventem), l’aéroport de
Liège (Luik) et la base aérienne militaire de Kleine-Brogel, ont été signalés
par les médias mainstream et amplifiés par les politiciens.
La probabilité d’une intervention d’“espions russes”
est-elle envisageable ? Statistiquement, c’est peu probable. Il s’agit plus
probablement de l’œuvre d’adolescents, d’amateurs ou, bien sûr, de journalistes
qui estiment ne pas être concernés par les lois et se plaisent à filmer les
bases militaires, alors que les leaders européens perdent la boule et rêvent
d’une guerre contre la Russie.
L’espace aérien belge a ainsi été temporairement fermé le 4
novembre 2025, lorsque les aéroports de Bruxelles et de Liège ont dû être à
l’arrêt pendant des heures, provoquant retards, reprogrammations et
annulations. D’autres incidents ont également été signalés sur d’autres sites.
Les services de sécurité belges ont fortement soupçonné la Russie d’être à
l’origine de ces actions, peut-être dans le cadre d’une guerre hybride, en
raison du rôle joué par la Belgique dans le gel des avoirs russes via Euroclear,
mais aussi pour son soutien à l’Ukraine. La Russie nie ces accusations, et elle
a raison, car ce n’était pas elle.
Quelques jours après l’incident majeur impliquant des drones
en Belgique, deux journalistes ont été arrêtés à l’aéroport de Bruxelles et
leurs drones ont été saisis. Selon un porte-parole de l’aéroport, des agents de
sécurité de la police fédérale belge ont repéré deux individus à l’extérieur du
périmètre de l’aéroport lors d’une patrouille. L’un d’eux portait un bonnet de
ski noir et un sweat à capuche, et transportait un petit drone. La police a
contrôlé les deux hommes et constaté qu’ils étaient bien en possession de
cartes de presse. Les deux hommes ont déclaré qu’ils projetaient de prendre des
photos de l’enceinte de l’aéroport, utilisant le drone uniquement pour
illustrer des articles de presse. Voilà pour les espions et agents russes — des
journalistes belges !
Lorsque l’attaque de drone a été signalée, le Royaume-Uni,
la France et l’Allemagne ont immédiatement envoyé des équipements et du
personnel pour aider la Belgique à détecter et à prendre des contre-mesures. Le
Conseil national de sécurité a approuvé un plan de lutte contre les drones doté
d’un budget de la bagatelle de 50 millions d’euros.
Le week-end dernier, l’histoire s’est répétée : des drones
ont été repérés aux Pays-Bas et le ministre néerlandais de la Défense, Ruben
Brekelmans, a crié au scandale sur son compte X :
“Vous voyez bien que ce sont les Russes, ils ne cherchent qu’à nous saboter !”
Le moment arrive à point nommé, maintenant que Trump a
présenté son plan en 28 points et que l’Ukraine, les États-Unis et l’Europe se
sont réunis à Genève, en Suisse, pour débattre de la question. La délégation
néerlandaise a immédiatement pointé du doigt la Russie et clairement fait
savoir aux Américains que Moscou constitue une menace pour l’Europe. Quoi qu’il
en soit, le plan en 28 points n’est qu’un “ballon d’essai” américain, et de
toute façon, ni l’Ukraine ni l’Europe ne tiennent à la paix.
L’un de ces Néerlandais pragmatiques, qui gère le site web
Dronewatch Nederland et étudie les zones et les méthodes de détection des
drones, a probablement révélé la vérité aux politiciens sur ces incidents.
Cependant, le ministre néerlandais Brekelmans a souligné
dans l’émission de télévision Buitenhof que les avions de chasse néerlandais de
la base de Volkel sont bien sécurisés, et que le ministère de la Défense a
immédiatement déployé des ressources en guise de dissuasion.
Cependant, le ministère de la Défense n’a fait aucune
déclaration sur la nature des contre-mesures prises contre les drones. De plus,
“plusieurs drones” auraient été aperçus au-dessus d’Eindhoven, entraînant
l’interruption temporaire du trafic aérien.
Mais selon Dronewatch,
“la base aérienne de Volkel et l’aéroportd’Eindhoven ont été perturbés par de ‘petits drones amateurs’ qui ont temporairement perturbé le trafic aérien militaire et civil”.
Une fois encore, la population néerlandaise a eu droit à son
lot de supposés drones russes, histoire de la terroriser d’une part, et de
recruter des soldats pour combattre la Russie d’autre part. Le summum du grand
guignol.
Quant à l’hystérie belge, les autorités ont pris des mesures
drastiques, alors qu’elles savent pertinemment que seuls des journalistes
équipés de drones ont perturbé le fonctionnement du trafic aérien. Ils ont
immédiatement installé un système de détection de drones, le coûteux système
ORCUS de la société italienne de défense Leonardo, géré par une équipe de la
Royal Air Force britannique. Il s’agit d’un équipement complexe nécessitant des
équipes spécialisées, comme l’affirme le ministère belge lui-même.
La peur s’intensifie donc en Belgique, car, comme je l’ai
déjà mentionné, les avoirs russes volés sont stockés dans la banque européenne
Euroclear, et selon Ursula von der Leyen, patronne de l’UE, une décision quant
à leur utilisation doit être prise avant Noël. Ces avoirs sont censés être
utilisés pour accorder un prêt à l’Ukraine (pour financer des armes et la
soi-disant reconstruction), peut-être sous forme d’euro-obligations.
Alors que le “processus de paix” et le plan en 28 points
sont en cours de discussion à Genève (sans la Russie), le ministre néerlandais
de la Défense, Brekelmans, a annoncé l’approbation anticipée du projet d’achat
de radars pour drones, jugé de la plus haute importance. La duplicité des
élites politiques occidentales, qui prônent la paix à Genève tout en se
préparant à la guerre, prouve clairement qu’elles se préparent à attaquer,
certainement pas à se défendre.
Outre les drones, les Polonais affirment maintenant que les
“Russes” auraient saboté une ligne ferroviaire vitale
entre la Pologne et l’Ukraine. L’Europe occidentale craint bien entendu les
prétendus actes de sabotage et dit prendre toutes sortes de mesures drastiques.
Les Pays-Bas, en particulier, en tant que plaque tournante des munitions et des
armes américaines de l’OTAN, disposent de nombreux sites de stockage disséminés
dans ce petit pays, un état de fait totalement irresponsable, et disent
craindre désormais les drones et autres actes de sabotage.
Après l’incident polonais, la Pologne a immédiatement accusé
la Russie sans même mener d’enquête, puis a fermé le dernier consulat russe,
qualifiant l’attaque de “terrorisme d’État”. Le Premier ministre polonais,
Donald Tusk, a déclaré que deux citoyens ukrainiens impliqués dans l’attaque
auraient été identifiés. Ces derniers seraient entrés en Pologne via la
Biélorussie et auraient quitté le territoire peu après avoir placé les
explosifs sur les voies ferrées. Le Premier ministre a déclaré que la Pologne est
convaincue que ces hommes collaborent avec les services de sécurité russes, et
que l’un d’entre eux aurait déjà été arrêté en Ukraine pour sabotage. Mais une
conviction ne vaut pas enquête, et tant que preuves et procès ne sont pas venus
étayer ces allégations, rien ni personne n’est définitivement coupable.
Selon les Pays-Bas, la Belgique et la Pologne, la Russie
envisagerait même de frapper l’Europe. Des chercheurs apparentés à la politique
de l’UE mettent en garde les citoyens européens, ou plutôt s’emploient à
instiller la peur. De telles déclarations alarmistes et infondées fleurissent
quotidiennement dans tous types de médias, tels que la télévision, la radio,
les journaux et les réseaux sociaux.
“À ceux qui croient encore que la guerre en Ukraine ne nous concerne et ne nous affecte pas, je dis : réveillez-vous ! Cette guerre se déroule en Europe, dans notre ‘arrière-cour’. La Russie ne cesse de représenter une menace pour nous. Oui, nous devons nous préparer à ce type de sabotage. La guerre hybride nous montre que le monde est ‘plus petit’ qu’avant”.
En Europe, les autorités vont même jusqu’à créer une zone
Schengen militaire. Une version de cette zone existe déjà depuis longtemps pour
l’ensemble de la population, soumise à une pression croissante. La zone
Schengen initiale se voulait un espace de libre circulation sans visa et avec
une monnaie unique, l’euro.
L’Union européenne a récemment présenté ce projet de zone
Schengen militaire pour pallier les difficultés de transfert de matériel de
défense d’un État membre à l’autre. Actuellement, l’entrave principale aux
interventions militaires rapides tient à trois facteurs : des tunnels étroits,
des ponts vulnérables et, surtout, une bureaucratie excessive. L’objectif
annoncé est d’empêcher “l’agresseur russe” d’entrer en Europe.
La responsable de la politique étrangère de l’UE, Kaja
Kallas, estime ces mesures indispensables. “La mobilité militaire permet de
garantir la sécurité européenne”, a-t-elle déclaré. Les services de
renseignement de l’UE auraient en effet alerté sur le risque d’une attaque de
la Russie contre l’UE dans les cinq ans. En cas d’urgence, les équipements
militaires doivent même être prioritaires sur les routes européennes.
Nous pouvons donc en conclure que non seulement l’Europe ne
privilégie pas la paix avec la Russie, mais qu’elle encourage même la guerre.
Cette tendance ressort clairement des récents incidents impliquant des drones,
du rejet du plan “en 28 points” et des accusations portées contre la Russie
sans la moindre preuve tangible.
Quant aux politiciens et aux élites européennes, ils
tiennent des propos enflammés, dignes de malades évadés d’un internat
psychiatrique. Ils oublient — ou feignent d’oublier — que les grandes guerres
européennes ont pris naissance au cœur du continent, notamment en Allemagne,
soutenues par des collabos néerlandais et belges. Ils occultent les souffrances
endurées par leurs aïeux et s’imaginent que le public succombera aveuglément
aux mêmes pièges destructeurs qu’en 1914 ou 1939. Leur ennemi fantasmé, aujourd’hui
comme alors, est la Russie, ressuscitant la rhétorique de la “menace rouge” des
nazis allemands en 1939 qui n’a depuis cessé de hanter leurs politiques et
leurs discours.
Traduction Spirit of Free Speech
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