L’ensemble de l’espèce humaine a été transformé en une machine à générer du profit

Ils ont construit toute cette machine sur nos dos. Il suffit que nous nous redressions.

Par Caitlin Johnstone

L’espèce humaine a, en substance, été transformée en une gigantesque machine destinée à produire des profits pour les entreprises.

Sous le capitalisme, l’humanité existe pour servir les intérêts de la corporation. Nous sommes tous du bétail ; des bêtes de somme utilisées pour faire progresser les marges d’un trimestre à l’autre. La jouissance de la vie n’a de valeur que dans la mesure où elle peut être exploitée pour augmenter la richesse nette des actionnaires.

C’est pour cela que tout le monde est si malheureux. Nous ne vivons pas avec un but. Nous ne travaillons pas ensemble pour bâtir un monde et un avenir meilleurs ; nous actionnons simplement des leviers et faisons tourner des engrenages pour que la courbe monte sur le graphique de la salle de réunion. C’est une manière vide et dénuée de sens de vivre.

Cela rend toute notre culture creuse et sans âme.

La musique est produite pour être aussi rentable que possible, ce qui signifie lui donner l’attrait le plus large possible en recourant à des structures de chansons formatées, calculées pour provoquer une réponse chimique dans le plus grand nombre de cerveaux humains.

Les films sont conçus pour générer les recettes les plus élevées possibles au box-office, avec le moins de risques pour les studios et les investisseurs, souvent en recyclant simplement un succès passé ou en assemblant à la hâte une histoire fondée sur une licence déjà populaire.

La nourriture est fabriquée pour être rapide et addictive plutôt que nourrissante.

Les relations humaines saines ont été marchandisées, les réseaux sociaux s’immisçant dans les amitiés et les applications de rencontre s’imposant dans la formation des relations amoureuses.

La sexualité humaine est déformée et pervertie à mesure que la pornographie en ligne banalise la violence et la dégradation pour maximiser les clics.

L’attention et l’engagement ont été monétisés, créant un écosystème informationnel dominé par le conflit et le commérage, conçu pour flatter nos instincts les plus bas.

La publicité est injectée dans chaque recoin possible de notre expérience sensorielle éveillée ; tout espace où l’œil peut se poser ou l’oreille écouter est saturé de manipulation psychologique visant à nous pousser à consommer. Ils diffuseront des publicités dans nos rêves dès qu’ils en auront la capacité technologique.

Vous passez huit heures au bureau à travailler pour générer des profits pour des entreprises, puis vous rentrez chez vous pour consommer des produits qui enrichissent d’autres entreprises. Vous avez besoin de votre bière et de vos snacks pour vous détendre, de vos services de streaming et des réseaux sociaux pour détourner votre esprit du stress, de vos achats de vêtements en ligne pour tenter de vous sentir mieux, et de vos médicaments sur ordonnance pour réussir à dormir la nuit. Des gens vivent toute leur vie ainsi.

Et cela concerne ceux d’entre nous qui ont la chance de vivre dans le Nord global. Dans le Sud global, c’est l’esclavage salarial et l’exploitation, avec beaucoup plus de labeur, beaucoup moins de temps de repos, et sans même les produits bon marché fabriqués par des travailleurs appauvris sur d’autres continents pour se consoler.

Toute l’humanité a été entraînée dans ce chaos. Et pourquoi ? Pour faire augmenter les chiffres sur certains comptes bancaires. Pour voir des flèches vertes pointer vers le haut à la bourse. Pour permettre à quelques milliardaires d’acheter des îles et des élections.

Tout cela tout en détruisant la biosphère dont nous dépendons tous pour survivre.

Et l’on nous dit que c’est le meilleur système possible dans lequel nous puissions vivre.

Personnellement, je n’y crois pas. Je crois que nous pouvons faire mieux. Ceux qui profitent de cet ordre des choses nous assureront que c’est impossible et feront tout pour nous empêcher de le changer, mais nous avons les moyens de reprendre la richesse, la dignité et le bonheur qui nous ont été volés.

Ils ont construit toute cette machine sur nos dos. Il suffit que nous nous redressions.

Traduction Bernard Tornare

Source en anglais

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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