Le bourreau

Par Damaris Izaguirre

L’oncle Sam aime se déguiser en champion de la paix, de la liberté et en justicier de la lutte antidrogue. Mais derrière ce masque policé se cache un empire criminel et terroriste, qui prospère justement grâce au narcotrafic qu’il prétend combattre. S’il ferme les yeux sur la drogue qui circule librement sur son propre territoire, c’est parce qu’elle alimente son économie et ses guerres de domination.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis se sont érigés en puissance hégémonique mondiale. Sous couvert de « démocratie » et de « paix », ils se sont arrogé le droit d’intervenir partout, d’organiser des coups d’État et d’imposer leur loi aux peuples du monde entier.

La soi-disant démocratie que défend Washington n’est qu’un instrument de ses intérêts impériaux. Quiconque refuse de se plier à ses diktats devient aussitôt un « terroriste » ou une « menace pour la paix mondiale ». Cuba en est l’exemple emblématique : plus de soixante ans de blocus criminel. En Bolivie, le pouvoir populaire a été renversé sous les applaudissements du Département d’État. Et au Venezuela, la Maison-Blanche multiplie les sanctions économiques, tente d’imposer un pantin à la présidence et menace même d’envoyer des troupes, toujours au nom de sa « lutte contre la drogue ».

La vérité, c’est que l’empire nord-américain cherche à ressusciter sa domination déclinante et à reprendre le contrôle de ce qu’il considère encore comme son « arrière-cour ». Sous le prétexte d’attaquer les cartels, il bombarde des bateaux de pêcheurs sans preuve, bafouant le droit international et le simple respect de la vie humaine. Pendant ce temps, le trafic prospère sur le sol même des États-Unis, où les cargaisons arrivent sans entrave et où la mafia du profit règne sans partage.

On tente souvent de réduire cette politique à la figure d’un Trump impulsif et imprévisible. Mais il faut cesser de croire à cette fable : Trump n’est qu’un exécutant. Le véritable pouvoir réside dans la machine impérialiste qui dicte la politique extérieure des États-Unis, indépendamment de la marionnette installée à la Maison-Blanche.

Le journaliste et humoriste colombien Jaime Garzón l’avait résumé avec un humour mordant : « Les gringos ont la queue en feu et le nez couvert de poudre ; après s’être mis plein les narines, ils veulent encore entrer dans notre maison — même si elle est de paille, elle reste digne, bâtie avec la sueur du peuple opprimé. » Et Garzón concluait : « Derrière chaque narco-démocratie, il y a un narco-impérialisme. » Une vérité qu’aucune propagande ne peut effacer.

L’empire américain est aujourd’hui le principal acteur du terrorisme mondial. Loin de le craindre, les peuples doivent lui arracher son masque et démasquer ses crimes. Défendre la souveraineté des nations, c’est s’opposer frontalement à sa logique de mort ; c’est organiser la lutte des exclus, des ouvriers, des humbles, pour construire une société juste et véritablement libre.

Pour nos peuples, il est urgent d’élever une voix indépendante et de renforcer l’unité des « sans-nom » de notre continent. Plus qu’une solidarité avec le Venezuela, c’est une bataille pour l’autonomie de toute l’Amérique latine. Aujourd’hui, ils s’en prennent aux Vénézuéliens ; demain, ce sera notre tour. Car l’oncle Sam n’a pas d’amis, seulement des intérêts géopolitiques. Et pour les défendre, il est prêt à tout.

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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