La mine que nous portons en nous
Par Txema García À première vue, personne n’appelle cela de l’« extractivisme ». Pourtant, dès qu’on prend le temps de l’expliquer, le mécanisme devient reconnaissable : il s’est imposé comme l’un des maux endémiques de notre époque. L’extractivisme ne concerne pas seulement les mines à ciel ouvert, les forêts rasées, les nappes phréatiques asséchées ou les territoires pillés par de grandes entreprises. Il peut aussi s’installer dans nos couples, nos familles, nos amitiés, nos lieux de travail, nos usages numériques et nos institutions politiques. Car ce que l’on extrait n’est pas toujours du lithium, du pétrole ou du bois. Il peut s’agir de temps, d’attention, de patience, de désir, de soins, de reconnaissance, de relations, d’argent, de présence ou de réconfort. Au début, personne ne le nomme ainsi. Mais nous connaissons tous ces scènes. Elle dit qu’elle a besoin de se sentir aimée. Lui répond qu’il a besoin d’espace. Une mère rappelle tout ce qu’elle a fait pour son fils. ...