Les sottises sur l’attaque « imminente » de la Russie contre l’Europe ne suffisaient-elles pas ?

Par Paolo Desogus

Encore la guerre, encore la propagande. Les sottises sur l’attaque imminente de la Russie contre l’Europe ne suffisaient donc pas : voici désormais que s’y ajoutent de prétendues menaces iraniennes.

À écouter la propagande qui imprègne l’Europe, on en viendrait à voir un continent en danger, menacé par les autocraties : un continent généreux, porteur d’idéaux sains, qui aurait bâti sa prospérité grâce au travail, au savoir et à l’esprit de coopération entre les peuples. Mais ce continent serait aujourd’hui assiégé de l’extérieur par la Russie, l’Iran et la Chine, et de l’intérieur par les différents « poutinistes » et « pro-Palestine », accusés de diffuser l’antisémitisme et l’islamisme.

Un continent à la dérive

En réalité, l’Europe est un continent à la dérive. Et ce, pour de nombreuses raisons, à commencer par son incapacité à avoir véritablement réglé ses comptes avec ses politiques coloniales, son racisme et le tournant néolibéral des trente dernières années.

L’Europe est, pour une large part, représentée par une institution en échec : l’Union européenne. Sa seule finalité semble désormais être la défense des intérêts de la grande finance et des grandes agences de spéculation qui, après avoir consumé une grande partie de l’économie réelle, misent aujourd’hui tout sur le réarmement.

Née de la promesse de paix et de prospérité, l’UE ne paraît plus avoir d’autre grand projet que celui-là : le réarmement.

Le réarmement, ultime frontière du capital

Le réarmement est d’ailleurs la dernière frontière du capital. Il constitue le point extrême de la dissolution de l’Occident sous direction américaine.

Pour le justifier, tous les moyens sont employés, sans le moindre scrupule idéologique ni moral. Afin de soumettre la volonté des Européens, on leur sert des fables monumentales : celle d’un continent menacé militairement par la Russie, et désormais par l’Iran.

Les véritables attaques contre les pays de l’Union européenne sont pourtant venues des États-Unis de Trump, à travers les droits de douane et la guerre hybride. On en a eu un exemple avec la destruction de Nord Stream, puis plus récemment avec Ceuta.

La paix assimilée à une trahison

Face à une propagande qui travestit la réalité, tout discours de paix devient une trahison. Tout appel à la diplomatie est assimilé à de la complicité. Toute indignation devant les horreurs commises au Liban et en Palestine devient de l’antisémitisme.

Nous sommes à bout de souffle. Nous nous enfonçons dans un abîme de mort.

Traduction Bernard Tornare

Source en italien

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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