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Iran, je t'aime

   Par Isabelle Alexandrine Bourgeois Je t’aime pour ce que j’ai vu, pour ce que j’ai vécu, pour ce que j’ai ressenti dans les rues de Téhéran, de Yazd, d’Isphahan et de Chiraz, quand je fus chargée de communication auprès du CICR en 2003. Je t’aime pour ton peuple attachant et pour certains de tes leaders, si loin des caricatures, si proche d’un essentiel que nous ne pouvons soupçonner, aveuglés par les propagandes médiatiques. Pendant un an, j’ai marché sur ta terre. Et jamais je n’y ai trouvé ce plomb que l’on nous décrit avec tant de certitudes et d’arrogance depuis nos plateaux télévisés. J’y ai rencontré des femmes belles et brillantes, libres dans leur esprit, souvent plus cultivées que nous. Des hommes dignes, profonds, d’une galanterie et d’une politesse presque oubliée chez nous. Un peuple d’une hospitalité désarmante, qui ouvre sa porte à chacun, comme à un ami qui revient de loin. Iran, tu es raffinement. Tu es poème de Hafez, Rumi ou Omar Khayyam. Même les...

Les nouvelles croisades : qui sont les fanatiques évangéliques qui inspirent la guerre en Iran

Par Alessandro Bartoloni Mais qui sont les vrais fanatiques religieux ? Les dirigeants iraniens ou les dirigeants américains ? Nous nous sommes posé cette question à partir de trois informations sorties au moment du déclenchement de la guerre en Iran. Trois signaux inquiétants au début de la guerre La première est la plainte déposée par au moins 200 soldats américains auprès de la Military Religious Freedom Foundation contre leurs propres commandants, accusés de présenter l’attaque contre la République islamique comme « partie d’un plan divin ». Ces commandants seraient même allés jusqu’à soutenir que Trump serait, pour reprendre leurs termes exacts, « oint par Jésus pour incendier l’Iran, provoquer l’Armageddon et ainsi donner le signal de son retour sur Terre ». La deuxième information concerne les propos de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee , qui, dix jours avant l’attaque américaine, a déclaré dans une interview à Tucker Carlson que, si Israël colonisait to...

La résistance de l’Iran et le mythe militaire des États-Unis

  Par Fernando E. Rivero O. La guerre n’est pas une affaire strictement technique ou militaire. C’est une confrontation armée qui est toujours guidée par la politique. Mythe 1 : La suprématie aérienne garantit la victoire Les États-Unis ont perdu des batailles et des guerres même lorsqu’ils disposaient de la supériorité aérienne. Les défaites subies au Vietnam et en Somalie au XXe siècle, ainsi qu’en Afghanistan au XXIe, en sont des preuves irréfutables. La puissance aérienne américaine permet d’appuyer l’avancée de l’infanterie, de détruire des infrastructures, de neutraliser des capacités offensives et d’éliminer des dirigeants. Mais ni les missiles ni les avions ne conquièrent de territoires, n’extraient de ressources naturelles et ne dirigent des nations. La force aérienne ne remplace pas les troupes au sol. L’Iran démontre que la suprématie aérienne ne suffit pas à vaincre la résistance des peuples. Mythe 2 : Les guerres actuelles se décident avec des drones En Afg...

Le défi de la construction nationale en Afrique

  Par Kristian Laubjerg EXCLUSIF SENEPLUS - Les dirigeants du Sénégal indépendant, malgré les efforts pour souligner l’importance nationale des héros locaux, continuent à lutter pour échapper aux modèles coloniaux de diffusion des valeurs nationales  Le libéralisme contribue non seulement peu à la construction des sociétés, mais a aussi une caractéristique qui sape la cohésion sociale[1] Introduction Pourquoi certains pays se développent-ils plus rapidement que d’autres ? Les pays d’Afrique subsaharienne, en particulier, sont à la traîne d’une grande partie du monde en termes de développement. Cet article examine les principales différences entre les populations d’Afrique subsaharienne et d’Europe, en se concentrant sur la façon dont les individus s’identifient à leur nation plutôt qu’à leur groupe ethnique. L’analyse est basée sur des sources secondaires. Depuis l’indépendance, les États africains ont de plus en plus reconnu le rôle vital de l’État dans la promotion...

Cuba et le Venezuela montrent que résister, c’est vaincre

Par Carmen Parejo Rendón Quand la résistance empêche la défaite À la fin de la guerre d’Espagne, alors que la victoire franquiste semblait déjà inévitable, le président du gouvernement républicain, Juan Negrín, lança une consigne devenue historique : « Résister, c’est vaincre ». Au ‑ delà du slogan de guerre, il posait un problème stratégique de fond : que signifie résister quand le rapport de forces militaire, économique et diplomatique est totalement défavorable ? ​Aujourd’hui, cette question ressurgit avec force si l’on regarde ce qui se passe à Cuba et au Venezuela, soumis à une pression impériale extrême, mais qui continuent de défendre leurs projets politiques, malgré les contraintes et les concessions. La leçon de Negrín : gagner du temps, fissurer l’inévitable Negrín voyait déjà que la guerre d’Espagne n’était pas un épisode isolé, mais le premier front d’une crise européenne beaucoup plus large qui allait déboucher sur la Seconde Guerre mondiale. Son pari stratég...

Sous les décombres

Par Pedro Pozas Terrados Silence dans l’ombre immobile. Des cris d’enfants qui se perdent dans l’air. Des pleurs oubliés qui se dissolvent dans le fracas des missiles assassins qui fauchent des vies et sèment la haine dans des cœurs brisés. Le ciel s’embrase du feu de la mort tandis que les villes se changent en cimetières de poussière. Des maisons béantes comme des plaies. Des écoles réduites en ruines. Des hôpitaux où il ne reste plus assez de médecins pour compter les morts. Et pendant ce temps, dans des salons éclairés et des bureaux confortables, des hommes en costume discutent de stratégies, d’équilibres et d’intérêts. Des mots froids qui ne prononcent jamais le nom des enfants qui meurent. Des dirigeants incompétents, obsédés par le pouvoir, incapables de regarder dans les yeux ceux qui paient de leur vie les décisions qu’ils signent à l’encre propre sur des papiers impeccables. La désinformation, orchestrée par les gouvernements eux-mêmes, brise les espoirs, confond les é...