Le facteur 100 et la magie noire

Par El Lince

Le silence des chiffres

Qu’avez-vous remarqué d’étrange dans l’agression contre l’Iran menée par les néonazis des ÉtatsUnis et par le IVᵉ Reich sioniste, autrefois appelé Israël — agression qui dure désormais depuis quarantecinq jours ?

Indice : alors que, lors des révoltes de janvier, tout le cloaque médiatique suivait presque minute par minute le nombre de victimes, aujourd’hui il n’y a plus la moindre référence à cellesci.

Le gouvernement iranien avait alors reconnu 3 117 morts ; la presse de propagande occidentale avait gonflé le chiffre à 30 000, certains allant jusqu’à parler de plus de 40 000.

Et maintenant ? Téhéran annonce 3 375 victimes, mais dans le cloaque médiatique occidental, pas la moindre mention d’un chiffre.

Le facteur 100 : invention américaine

C’est ce que l’on appelle « le facteur 100 ».

Ce concept fut inventé durant la guerre du Vietnam par des psychologues américains pour calmer les tensions internes et maintenir la population dans le silence.

Le principe était simple :

⏺ Si les morts sont des nôtres, on divise par 100.

⏺ Si ce sont ceux du Vietcong, on multiplie par 100.

Depuis, la règle n’a jamais cessé d’être appliquée — avec un zèle particulier de la part des médias de propagande occidentaux. Et c’est encore le cas aujourd’hui.

De la propagande à la manipulation cognitive

De nos jours, le « facteur 100 » s’est modernisé.

On parle désormais de « Territoire cognitif stratégique », où l’on doit « inclure psychologues et sociologues afin de transformer les profils de l’inconscient collectif en contenus convaincants » et « étendre leur connectivité aux principaux canaux de communication pour atteindre le public cible le plus largement possible ».

Et lorsque cela échoue, on fait appel à la magie noire, une magie axée sur la nuisance, la manipulation et la corruption des consciences.

Aujourd’hui, cette magie noire a pris une forme plus contemporaine : la programmation neurolinguistique (PNL).

Elle établit une connexion rapide et directe avec les plus crédules et les plus ignorants.

Il suffit de lire les textes de Trump — qui, à nous, paraissent déments ou fanatiques — pour y déceler l’abondance de techniques de manipulation issues de la PNL : victoire, la plus puissante armée du monde, destruction totale, prospérité, richesse, nous ferons beaucoup d’argent, etc.

Ces motsclés fonctionnent parfaitement sur une audience psychologiquement vulnérable et instable, comme celle des ÉtatsUnis. C’est aussi pourquoi làbas, le thème religieux — ou ce qu’ils appellent religion — est si vulgaire, si proche de la magie noire.

L’échec des négociations et le durcissement

S’agitil de démence ? Pas vraiment.

C’est simplement le seul chemin qui reste. Les pourparlers avec l’Iran ont échoué, comme on pouvait s’y attendre.

Nous voilà donc entrés dans une nouvelle phase de l’agression.

Malgré la grandiloquence de Trump, sa « magie » ou sa PNL — dont il ignore sans doute jusqu’au nom —, l’État iranien reste solide.

Sa structure militaire, notamment le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, sait précisément quoi faire à chaque moment.

Cela, alors même que les ÉtatsUnis — menés par Trump et sa magie noire — répètent depuis six semaines qu’ils ont détruit tout ce qui pouvait l’être militairement. Une affirmation soutenue par une sévère censure, destinée à empêcher les citoyens américains et sionistes de connaître l’ampleur du désastre qu’ils subissent.

Le détroit d’Ormuz, arme énergétique et psychologique

Le blocus partiel du détroit d’Ormuz, imposé par l’Iran aux navires des pays belligérants ou cobelligérants, a provoqué une flambée des prix de l’énergie, pétrole comme gaz.

Ce choc énergétique menace d’obliger les grandes économies à rationner leurs ressources — Europe, Inde, ExtrêmeOrient, et même les ÉtatsUnis, où le prix de l’essence grimpe déjà en flèche.

Les Iraniens ne craignent pas la mort ; les Américains, eux, redoutent la hausse du prix de l’essence. Tout est dit sur la différence entre ces deux peuples.

Washington avait besoin de temps pour élaborer une nouvelle stratégie : d’où les négociations désormais mortesnées.

Des bases inutilisées et un blocus du blocus

Toutes les bases américaines de la région ont été frappées par des dizaines de missiles, les rendant inutilisables pour des années.

Les flottes d’attaque américaines, elles, se tiennent désormais à des centaines de kilomètres des côtes iraniennes, repoussées par un grand nombre de missiles antinavires longue portée — probablement d’origine chinoise.

Il sera donc intéressant de voir comment Washington mettra en œuvre le nouvel ultimatum de Trump, à savoir le blocus naval et la capture des navires commerçant avec l’Iran.

Voici le nouveau virage de la guerre : le blocus du blocus.

Pour les ÉtatsUnis, cela n’est pas un simple un plus un égal deux, mais un moins un égal zéro.

L’objectif immédiat est clair : priver l’Iran de ses revenus pour briser sa volonté de résistance.

Bonne chance, après avoir été témoins de la cohésion sociale et de la résilience exemplaire du peuple iranien.

En parallèle, Washington cherche à prouver au monde que Téhéran ne contrôle pas Ormuz.

Les pétromonarchies sous pression

Mais il y a un revers : le blocus du blocus frappe de plein fouet les pétromonarchies du Golfe, jusquelà vassales de Washington.

Le rôle du détroit d’Ormuz dans leurs économies est vital.

Pas besoin d’être un lynx pour deviner vers où se tourneront plusieurs de ces pays : vers la Chine.

L’Arabie saoudite vend déjà 15 % de son pétrole en yuans — une hérésie pour Washington, mais qu’il n’a pas pu empêcher.

Le chiffre est modeste, mais Pékin profitera assurément de l’occasion pour l’augmenter.

Ces alliés demeurent dociles, mais leur loyauté n’a jamais exclu l’opportunisme.

Ils détiennent d’énormes stocks de dette américaine et de bons du Trésor, tout en maintenant leurs monnaies arrimées au dollar.

Et voilà un chiffre qui blesse : en quarantecinq jours d’agression contre l’Iran, le dollar a perdu 0,54 % de sa valeur, poursuivant sa lente dévaluation comme monnaie de réserve mondiale.

Le piège énergétique mondial

Le blocus du blocus affecte aussi le détroit de Bab elMandeb, sous contrôle des Houthis.

La position des États du Golfe déterminera la suite.

Un précédent existe : après un nouveau tour de magie noire de Trump, la Russie a annoncé qu’elle pourrait fournir de l’énergie à l’Europe, mais seulement « si » elle dispose encore de surplus après ses engagements envers d’autres clients.

Si Ormuz reste fermé à la Chine, l’Europe manquera d’énergie.

Dans cette gigantesque guerre énergétique, Moscou a choisi de se ranger du côté de Pékin, laissant l’Europe à son sort.

C’est pourquoi, dès demain, le ministre russe des Affaires étrangères — presque en retrait jusqu’ici, hormis ses critiques du soidisant « esprit d’Anchorage » cher aux euroatlantiques du Kremlin — entamera une visite officielle en Chine.

Le revers du tigre de papier

Les ÉtatsUnis peuvent bien se vautrer dans leur « facteur 100 » et leur magie noire — ou PNL — en clamant qu’ils ont « tout détruit » et « tout vaincu », mais ils se trouvent face à un dilemme : se rendre ou provoquer une escalade entraînant leurs vassaux.

Et derrière les menaces d’« anéantir une civilisation » se cache peutêtre le même scénario que celui de la Yougoslavie en 1999 : bombarder des objectifs civils et économiques pour pousser la population à la reddition.

À l’époque, la classe moyenne urbaine avait forcé Milosevic à céder pour que l’OTAN cesse les bombardements — rappelons qu’alors, le psychopathe Javier Solana, socialiste espagnol et secrétaire général de l’OTAN, inventa l’expression cynique de « dommages collatéraux » pour désigner les attaques contre les civils.

Il n’est donc pas farfelu de prévoir une répétition : priver la population iranienne de ses besoins essentiels pour exercer une pression maximale sur son gouvernement.

Résistance et espoir

Les dégâts économiques sont déjà massifs : la production d’acier a perdu près de 50 % de ses capacités, de nombreuses usines ayant été bombardées, tout comme la principale entreprise pétrochimique.

Téhéran subit désormais des coupures d’eau et d’électricité généralisées.

Mais loin d’un effondrement, c’est une soif de vengeance et une rage collective qui dominent.

Selon les analystes du capitalisme global, Trump n’a plus beaucoup de temps.

La possible destruction du système de raffinage pétrolier du Golfe, combinée au blocus du blocus, rend une intervention chinoise de plus en plus probable — comme ce fut déjà le cas avant les négociations désormais rompues.

La défaite du tigre de papier

Cette guerre est loin d’être terminée, mais une chose est sûre :

Le monde a vu la véritable nature de tigre de papier de l’impérialisme américain — aussi bien armé du facteur 100 que de sa magie noire.

Et cette vérité s’est inscrite dans le sang et la détermination du peuple iranien résistant.

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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