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Affichage des articles du novembre, 2025

Le Pacificateur ? Les coutures du scénario recyclé de Trump

Par Carmen Parejo Rendón Tout comme Javier Milei a prostitué, à l’échelle internationale, le concept de « liberté » en le confondant avec une sorte de droit à l’abus et de compétition darwinienne, Donald Trump fait aujourd’hui la même chose avec celui de « paix », le dégradant sémantiquement en un simple outil de chantage du plus fort contre les plus faibles. Bien sûr, le président des États-Unis a la tâche plus aisée : son pays a historiquement bâti une rhétorique qui lui ouvre la voie. Hollywood, depuis des décennies, façonne l’imaginaire de l’interventionnisme américain comme un spectacle. Chaque « menace » géopolitique trouve son équivalent sur grand écran : des généraux russes aux missiles volés dans Le Pacificateur (1997) jusqu’aux « dictateurs » latino-américains caricaturaux de Expendables : Unité spéciale (2010). Les talibans, eux, furent tour à tour des héros alliés contre les Soviétiques dans Rambo III (1988), puis des ennemis génériques du nouveau millénaire peu après...

Les "plans de paix" des puissants : une trêve entre prédateurs

Peut-on vraiment parler de paix lorsqu’un accord se conclut sans la voix des peuples ? que cachent les abstentions de la Russie et de la Chine à l’ONU ? S’agit-il d’une véritable pacification ou d’une reconfiguration impériale ? Tandis que les grands médias parlent de paix, les grands empires négocient territoires, routes commerciales et positions stratégiques comme s’il s’agissait de pièces d’échiquier. Cet article dénude la logique profonde du “réagencement mondial” en cours : un pacte silencieux entre puissances pour se répartir les zones d’influence sans remettre en cause le modèle économique qui engendre guerres, inégalités et souffrances. Loin des discours humanitaires, ce qui s’impose aujourd’hui, c’est une “paix” conçue pour le capital, non pour les peuples. Par Máxìmo Relti Pendant que les journaux télévisés répètent des formules comme “progrès diplomatique” ou “volonté de paix”, dans les hautes sphères du pouvoir se trame une opération qui a bien peu à voir avec la paix...

Comment l’islamophobie est devenue un outil de la politique occidentale

Par Leila Nezirevic Alors que les dirigeants occidentaux prêchent la démocratie à l’étranger, leurs politiques intérieures se nourrissent depuis longtemps de la peur des musulmans pour consolider leur pouvoir, manipuler les électeurs et détourner l’attention de leurs propres échecs systémiques. De Londres à Washington, l’islamophobie n’est plus seulement une forme de préjugé, mais une véritable stratégie politique. Depuis plus de deux décennies, l’islamophobie est instrumentalisée comme pilier central des politiques occidentales, un outil pratique pour mobiliser les électeurs, justifier les guerres et redéfinir l’identité nationale à travers l’exclusion. Dans le monde post-11 septembre, la figure du musulman n’est plus perçue seulement comme un étranger, mais comme la menace symbolique contre laquelle « l’Occident » se définit lui-même. Peter Oborne, journaliste britannique et auteur de plusieurs ouvrages, a publié The Fate of Abraham: Why the West is Wrong About Islam (Pourquoi...

La gauche qui regarde vers la droite…

Il existe un phénomène curieux dans la politique contemporaine : une certaine gauche qui, fatiguée de répéter de vieux slogans et soupçonnant que plus personne ne les écoute, a décidé de regarder vers la droite. Par Juan Carlos Blanco Sommaruga Pas par conviction, bien sûr, mais parce qu’il semble que, de ce côté-là, les sondages offrent de plus jolies perspectives. C’est la gauche qui se déclare progressiste, mais qui, de temps en temps, a un épisode d’amnésie sélective et finit par répéter des arguments qu’elle aurait, il y a quelques années, dénoncés comme « régressifs ». Un pot-pourri idéologique qui, pour être juste, a un certain mérite : tout le monde n’est pas capable d’une telle souplesse sans souffrir de contractures doctrinaires. Dans ce nouvel écosystème politique, les leaders qui se revendiquent de gauche ont découvert que parler d’égalité fatigue, mais que parler « d’ordre » se vend bien. Que débattre de justice sociale ennuie, mais que remettre en question la migrat...

Les conséquences de l’arrogance impérialiste

Par Stephen Sefton Dans presque toutes les tragédies du théâtre grec antique, le protagoniste a commis une faute morale fatale qui le conduit à une issue tragique, presque toujours facilitée par une arrogance démesurée. Dans le cas de l’effondrement progressif de l’Occident collectif, il s’agit de cinq siècles de crimes innombrables de conquête génocidaire et d’esclavage. Mais cette culture haineuse de l’arrogance empêche les dirigeants occidentaux de reconnaître qu’ils doivent la richesse et la puissance politico-militaire de leurs pays à cette criminalité génocidaire. Cette arrogance, face au déclin de l’Occident collectif, s’exprime dans la mauvaise foi diplomatique et l’agression unilatérale, exacerbant ainsi le manque de coopération et de confiance qui caractérise la crise internationale actuelle. Sur le plan intérieur, la politique étrangère agressive de l’Occident collectif se reflète dans le militarisme et la répression politique et économique exercés contre ses propres pop...

La fin du culte de la supériorité occidentale

Par Gianni Petrosillo Le mythe de la supériorité occidentale L’Occident s’est toujours senti supérieur parce qu’il a inventé — ou réinventé — la démocratie et la religion de la liberté. Fort de cette conviction, il s’arroge le droit d’exporter ces prétendus « valeurs universelles », qui ne sont en réalité que relatives et partielles, y compris en déclenchant des guerres civiles ou en bombardant ceux qui s’y opposent. Pourtant, il existe des peuples aux histoires millénaires qui n’ont que faire de ces valeurs, fruits d’une interprétation très étroite de notre culture, projetée dans une conquête planétaire. Liberté et démocratie : des fétiches culturels Nous feignons l’horreur lorsque quelqu’un rejette la liberté ou la démocratie — ou toute cette série de « droits » souvent redondants et inutiles inventés pour multiplier postes et fonctions. Mais il n’y a là rien de surprenant : pour d’autres peuples, des valeurs plus élevées que la liberté individuelle — habituellement réduite...

Dans le capitalisme, on vous dit de devenir le marteau si vous n’aimez pas être le clou

Dire « Si ces travailleurs à bas salaire veulent de meilleurs salaires, ils devraient cesser d’être des travailleurs à bas salaire » revient à dire à un homme de ne plus se noyer pendant que vous le maintenez sous l’eau en lui marchant sur la tête. Par Caitlin Johnstone Je suis tombée sur un vieux tweet de l’ Hampton Institute : « Si tu n’aimes pas être exploité (employé, locataire), alors deviens l’exploiteur (patron/propriétaire, bailleur) » – c’est l’esprit capitaliste qui nous a été inculqué depuis l’enfance. La véritable solution, c’est de mettre fin à l’exploitation (au capitalisme) tout court. Vous entendez ce genre d’arguments tout le temps quand vous échangez avec des partisans du capitalisme. Si les gens ne gagnent pas assez pour s’en sortir, ils devraient changer pour un emploi mieux payé. Si les gens ne veulent pas se faire malmener par un statu quo abusif, ils devraient gravir les échelons socioéconomiques pour se retrouver dans une couche sociale qui est moin...

Corruption à ciel ouvert

Par Suzette Sandoz Cinq capitaines d’industrie, suisses, officiellement et publiquement reçus dans le bureau ovale du Président des États-Unis, en présence de celui-ci. Cinq capitaines d’industrie dont on apprend qu’ils ont offert de très beaux cadeaux à ce Président (une montre Rolex, un lingot d’or) pour essayer d’obtenir une baisse des droits de douanes infligés à leur pays, donc à leurs entreprises, comment qualifie-t-on cela ? De corruption active du côté des capitaines d’industrie, de corruption passive du côté du Président des États-Unis. Le tout, au grand jour, « ad majorem Dei gloriam ». Quelles conclusions en tirer ? La première conclusion, c’est que l’économie est en train de mettre la politique et la diplomatie au rancart Le développement de la globalisation et de toute la technique informatique (gonflée par l’IA), a permis aux grands de l’économie de devenir les premiers décideurs mondiaux. Seuls ont vraiment de l’influence ceux dont la richesse égale ou dépasse le P...

Le grand business de la merde

Par Juan Manuel Olarieta Dans les toilettes et les eaux usées sommeille un trésor. Le Forum de Davos y voit même « la quatrième révolution industrielle ». Selon les experts, ce serait un marché encore largement inexploité. Les uns développent des programmes pour produire de l’hydrogène et de l’électricité ; d’autres transforment les déchets humains en charbon biologique, en engrais, en minéraux, en eau potable, et même… en aliments. En 2016, plusieurs multinationales ont créé la Toilet Board Coalition pour promouvoir l’« économie circulaire ». Cette coalition collabore avec plusieurs agences onusiennes — parmi elles, l’UNICEF, ONU-Eau (UN-Water) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) — dans le cadre des fameux Objectifs de développement durable, qui incluent la promotion des systèmes d’assainissement et des latrines. Parmi les membres fondateurs figurent Unilever, géant de l’agroalimentaire et des produits du quotidien, ainsi que Firmenich, une entreprise ...

Le signe du temps

Par le Commandant Antonio García On dit souvent que le monde va mal et qu’il pourrait aller encore plus mal. Mais alors, faut-il s’attendre à ce que les grandes majorités qui habitent la Terre voient leurs droits fondamentaux encore davantage piétinés ? Assisterons-nous à plus d’exclusion, à plus d’exploitation ? Si l’on se fie aux messages répétés des grands médias, tout semble l’annoncer. Pourtant, la mémoire des peuples, nourrie de leurs luttes passées, laisse entrevoir une autre possibilité : celle d’une barricade humaine, dressée pour stopper la marche vers l’abîme. Récemment, un fait a retenu l’attention. Le Parlement grec a approuvé une journée de travail de treize heures. Certes, cette mesure ne s’appliquerait que trente-sept jours par an et serait censée résulter d’un “accord mutuel entre employeur et travailleur”. Mais l’ironie de l’histoire est cinglante : plus d’un siècle après les grèves et les combats ouvriers qui ont arraché la journée de huit heures — au prix du s...

Les choses vont mal parce que nous sommes gouvernés par des gens qui veulent que les choses aillent mal

Nos dirigeants veulent que nous soyons stupides, mal informés, distraits, malades, dans la difficulté et la souffrance, parce que si nous avions tous assez de temps, d’information et de lucidité pour comprendre ce qui se passe dans notre monde, les choses deviendraient très vite… catastrophiques. Par Caitlin Johnstone Qu’est-ce qui te semble le plus probable : (A) que les choses vont mal parce que la population vote librement, encore et encore, pour des politiques qui, par pur hasard, nuisent aux gens ordinaires tout en profitant aux riches et aux puissants ? Ou (B) que les choses vont mal parce que les riches et les puissants veulent que ce soit ainsi ? Te semble-t-il plus crédible que (A) le processus démocratique laisse continuellement les citoyens incapables de défendre leurs intérêts fondamentaux parce que, par un hasard permanent, la population se divise toujours en un équilibre parfait de 50–50 rendant toute avancée impossible — et que cet équilibre tombe toujours, com...

Coopération du Sud global : une nécessité pour contrer la désinformation hégémonique

Tim Anderson affirme que les puissances anglo-américaines maintiennent leur domination mondiale à travers d’immenses réseaux de propagande. Pour y résister, il appelle à la création d’un front médiatique unifié du Sud global, reliant l’Amérique latine, l’Asie occidentale, l’Afrique et l’Asie, afin de bâtir une communication indépendante, fondée sur la vérité. Par Tim Anderson La désinformation systématique est utilisée par les puissances hégémoniques pour déstabiliser, diviser et affaiblir les peuples et les nations indépendants. Elle sert à priver des populations entières de leur pouvoir, à justifier des blocus étouffants, des guerres par procuration, des invasions et des occupations, et à délégitimer la résistance. Le problème, c’est que la propagande hégémonique est vaste, profonde et parfaitement intégrée. L’ennemi anglo-américain a perdu ses avantages en matière de technologie, d’industrie et de commerce, mais les conserve dans les domaines de la finance et de la propagande....