Un empereur sans carte, qui met en danger l’existence même de l’espèce
Combien de fois le bouffon qui dirige la planète Terre devra-t-il se tromper avant que nous décidions de dire « ça suffit » ?
Trump n’est plus un accident. Il est un avertissement sévère
adressé à chacun d’entre nous. Son second mandat n’est pas une répétition,
c’est un véritable délire.
Un monde gouverné par la désinformation, la haine et le
spectacle a besoin de bien plus que de votes pour se défendre : il lui faut de
la mémoire, de l’organisation et beaucoup de courage.
ÉDITORIAL
Un pays avec plus d’ogives nucléaires que d’universités.
Un homme avec plus de phrases incendiaires que d’idées.
Un bureau ovale, et, assis à nouveau dedans, un visage
familier : Donald Trump.
Le même qui, il y a à peine quelques heures, à la conférence
de Davos, a confondu le Groenland avec l’Islande, trouvé « magnifiques » les
lunettes d’un dirigeant européen (Macron), tout en exhibant publiquement un œil
gravement tuméfié qu’on tentait de lui dissimuler. Cet homme, militairement
tout-puissant, gouverne à nouveau la planète depuis un an.
L’histoire, on le sait, a de l’humour noir. À un moment de
son premier mandat, certains ont voulu croire que Trump n’était qu’un accident,
un dérapage malheureux du système — c’est ainsi que l’ont présenté quelques
personnalités indulgentes.
Mais tout indique désormais que le système ne trébuche pas :
il s’adapte.
Et lorsque le capitalisme entre en crise — cela s’est déjà
produit plusieurs fois dans notre histoire récente —, il ne fait pas appel aux
pompiers, mais aux bouffons.
Pas à ceux qui nous font rire, mais à ceux qui nous font
trembler.
Le second mandat de Donald Trump n’est pas une simple
répétition. C’est une vengeance. Celle d’un homme chassé de la scène, mais qui
revient avec la même rage qu’un enfant frustré démolissant son château de
sable. À ceci près que cet enfant dispose de drones, de sanctions, de
frontières et de fanatiques armés.
Un gouvernement à coups de tweets et de fusil
Trump n’a pas besoin d’idées. Il lui suffit d’avoir des
ennemis.
Sur sa liste : la presse, le spectre des communistes, les
immigrants, les scientifiques, les syndicats, ceux qui doutent, ceux qui
pensent, ou ceux qui n’applaudissent pas assez.
Chaque matin, le président du pays encore le plus puissant
du monde se lève et choisit un nouveau coupable.
Et chaque soir, des millions de personnes le célèbrent comme
si la haine était une fête nationale.
Nous savons déjà qui il est — son premier mandat nous l’a
appris.
Mais dans ce deuxième round, il n’y a plus de dissimulation.
Il ne se présente plus comme un outsider.
Il est maintenant le propriétaire du casino.
Et il joue avec des jetons qui ne lui appartiennent pas :
droits, vies, nations entières.
Tout est un jeu pour lui, sauf son ego.
Alors que le monde se demande si la Chine dépasse les
États-Unis, Trump décide s’il doit se retirer de l’ONU, envahir l’Iran,
construire un mur sur la Lune ou raser militairement Minneapolis.
Il le fait avec le sérieux de celui qui choisit sa cravate
devant le miroir : l’important, ce n’est pas le contenu, c’est l’impact.
Les bombes sont pour lui comme les tendances sur les réseaux
sociaux : c’est mieux si elles explosent.
Le cirque de l’empire
Les médias continuent de le couvrir comme s’il s’agissait
d’une nouveauté.
Comme si la brutalité devenait moins dangereuse lorsqu’elle
était présentée avec une pointe d’humour ou de spectacle.
Mais la vérité, c’est qu’il n’y a rien de drôle chez un
homme qui considère qu’un « morceau de glace froide et mal située » — ainsi
a-t-il qualifié l’Islande, qu’il confondait avec le Groenland — peut faire
partie de son patrimoine personnel.
Ce n’est pas seulement un président qui a une mauvaise
connaissance de la géographie.
C’est un dirigeant avec une histoire catastrophique :
un homme qui ignore le passé, méprise le présent et parie
sur un avenir taillé à la mesure du privilège blanc, du capital déchaîné et du
pouvoir sans limites.
Un empereur en costume bon marché, qui a trouvé dans la
démocratie américaine un habit parfaitement ajusté à sa démesure.
Quand gouvernent les maîtres de la peur
Mais Trump n’est pas arrivé seul.
Il a été porté par des millions de personnes fatiguées,
appauvries et, surtout, désinformées.
On l’a acclamé depuis les églises, les usines et les
banlieues ravagées par la mondialisation capitaliste.
Parce que, lorsque le système rejette, la colère cherche des
raccourcis.
Et Trump a été vu par beaucoup comme le raccourci parfait :
il crie au lieu d’argumenter, il insulte au lieu
d’expliquer, il promet des murs au lieu de construire des ponts.
Son gouvernement est un miroir sale où se reflète une
société brisée.
Et cette saleté ne se nettoie pas avec des discours.
Elle se nettoie par l’organisation, la mémoire et la lutte.
Le monde, l’humanité tout entière, assiste de nouveau au
cauchemar d’un bouffon doté d’un pouvoir impérial.
Mais cette fois, il n’y a plus d’excuses.
Nous savons qui il est. Nous l’avons vu à l’œuvre.
Nous avons compté les morts, les guerres, les reculs.
Le danger, cette fois, n’est pas que Trump agisse comme
Trump.
Le vrai danger, c’est que le reste du monde le laisse
continuer ainsi.
Traduction Bernard Tornare
Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte
original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
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