Articles

Des dizaines de milliers de personnes manifestent en Côte d’Ivoire contre la dérive vers la dictature

Par Pavan Kulkarni Arrivé au pouvoir en 2011 avec l’aide de l’intervention militaire française, le président Alassane Ouattara, aujourd’hui âgé de 83 ans, tente de s’accrocher au pouvoir pour un quatrième mandat. Pour cela, il interdit à ses deux principaux concurrents de se présenter à la prochaine élection prévue en octobre. La France « surveille de très près les élections d’octobre dans son ancienne colonie, afin de s’assurer que son protégé, le président Alassane Ouattara, ne perde pas le pouvoir », déclare Achy Ekissi, secrétaire général du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire (PCRCI). Arrivé au pouvoir en 2011 grâce à l’intervention de l’armée française, le président Ouattara, âgé de 83 ans, cherche à s’imposer pour un quatrième mandat, en empêchant les deux principaux concurrents de se présenter. Alors que la France lui « demande à demi-mot de se retirer », elle « soutient en réalité sa dérive dictatoriale parce qu’elle n’a pas encore trouvé un autre pion ...

La manière dont fonctionne la propagande de guerre

Comment rendre une démocratie «prête pour la guerre» (partie 2) Par Robert Seidel En politique, il existe un moyen très répandu d'éviter tout débat objectif: qualifier son adversaire de «bizarre», voire de «monstre». On peut alors «se permettre» tout et n'importe quoi sans avoir à entrer dans le vif du sujet. Pour justifier les guerres, on va encore plus loin. Sinon, presque personne ne commettrait les actes de guerre barbares qu’on attend d’elle. Et encore moins si cela risque de nuire à soi-même, voire à sa femme, son fils, sa fille ... Pour préparer une guerre, il faut manipuler les sentiments et les opinions des gens ( cf. partie 1) . C'est ce qui se passe actuellement. A l'aide des médias de masse, des «réseaux sociaux» et de méthodes issues de la psychologie publicitaire, on a développé un vaste répertoire pour préparer mentalement les démocraties à la guerre, de manière subreptice. Une «disposition à la guerre» (la «Kriegsbereitschaft» allemande) qui, d...

Du Prix Pulitzer à « Terroriste » : L’inépuisable indécence du racisme occidental

L’assassinat d’Anas al-Sharif et de ses collègues représente bien plus que la mise au silence du journalisme : c’est la révélation de la véritable fonction du journalisme sous l’empire. Par BettBeat Media L’assassinat systématique des journalistes palestiniens par Israël a arraché le dernier voile des prétentions morales de la soi-disant « civilisation » occidentale. Lorsque Anas al-Sharif et cinq autres journalistes ont été tués lors d’une frappe ciblée sur leur tente devant l’hôpital al-Shifa, la réaction des médias occidentaux ne fut pas l’indignation face à la volonté délibérée de faire taire les témoins d’un génocide, mais une campagne coordonnée visant à justifier ces meurtres. Voilà le véritable visage du racisme occidental : non pas la grossièreté du racisme de rue, mais l’appareil sophistiqué de déshumanisation des salles de rédaction. C’est un racisme habillé du langage de l’objectivité, enveloppé dans le drapeau de l’éthique journalistique, prononcé d’une voix auto...

Les arguments bibliques pour soutenir Israël

Par Caitlin Johnstone Lors d’un discours en Caroline du Sud, le sénateur américain Lindsey Graham a averti que Dieu « débranchera la prise » des Américains s’ils cessent de soutenir Israël. « Ce n’est pas un choix difficile si vous êtes Américain. Ce n’est pas un choix difficile si vous êtes chrétien », a déclaré Graham. « Un mot d’avertissement : si l’Amérique débranche la prise d’Israël, Dieu débranchera la nôtre. Et nous n’allons pas laisser cela arriver. » Le sénateur a évidemment raison. Quoi, vous doutez de lui ? Dieu ordonne clairement et explicitement aux chrétiens de soutenir l’État moderne d’Israël. C’est bien écrit dans la Sainte Bible ; donnez-moi une seconde, je vais vous trouver le verset. Ah ! Je l’ai. Exode 20:13 : « Tu ne tueras point. » Attendez, non, ce n’est pas celui-là. Voilà, Matthieu 5:9 : « Heureux ceux qui procurent la paix. » Hum, non, ce n’est pas celui-là non plus. Ce que je voulais dire c’est Lamentations 2:19 : « Lève tes mains vers lui po...

Bons et méchants, l’Iran et Israël

Cela fait longtemps que l’Occident utilise la critique de certains gouvernements et régimes comme prétexte pour piétiner et violer le droit international. Par Pascual Serrano Le récent conflit entre Israël et l’Iran a mis en lumière un débat que je trouve intéressant. À nous qui dénoncions l’agression israélienne, avec ce qu’elle impliquait de violation du droit international, on répondait que nous défendions l’Iran, une théocratie répressive qui oblige les femmes à porter le voile islamique et qui pend des homosexuels. Face à l’Iran, on arguait qu’en Israël, les femmes jouissaient des mêmes droits que les hommes et que son système politique était une démocratie avec des élections libres et pluralistes. Au-delà des nuances que l’on pourrait apporter à ces affirmations — par exemple, que le fondement théorique de l’existence d’Israël est également de nature théocratique, ou que les femmes y sont aussi soumises à la pression des ultra-orthodoxes israélites, il me semble important d...

Trump contre le monde entier

Par Rafael Poch de Feliu …Et l’Europe encourageant une guerre contre la Russie qui menace de devenir une prophétie autoréalisatrice Trump a imposé, à partir du 30 juillet, des droits de douane de 50% sur les produits indiens et brésiliens. Lors du dernier sommet des BRICS, qui s’est tenu à Rio de Janeiro les 6 et 7 juillet, ce sont précisément l’Inde et le Brésil qui avaient insisté sur l’inopportunité d’un affrontement avec les États-Unis. C’est pourtant à ces deux pays que Trump inflige aujourd’hui les pires mesures. Autrement dit, le président stimule l’émancipation des BRICS les plus hésitants. Le Brésil et l’Inde subissent le plus lourd tribut dans la guerre commerciale déclenchée par Trump contre le monde entier, avec des droits de douane allant de 10% (pour les mieux lotis) à 50%. Concernant le Brésil, Trump a invoqué la « persécution » de l’ex-président Jair Bolsonaro, une sorte de Trump brésilien, accusé d’avoir fomenté un coup d’État après sa défaite électorale de 2022. A...

La cupidité : quand tout se négocie, jusqu’à la dignité

Par Marcelo Trivelli Nous vivons dans une culture où la valeur d’une personne se mesure à ce qu’elle possède et à ce qu’elle affiche. Accumuler richesses, pouvoir, propriétés ou « likes » est devenu l’objectif, tandis que l’esprit collectif et le bien-être commun s’effacent. Ce n’est pas là une opinion moralisatrice : c’est le constat urgent d’une société malade de cupidité. La concentration des richesses et du pouvoir est la conséquence d’un système économique inégal, basé sur une culture du « avoir » qui justifie l’abus tout en rendant les victimes responsables de leur précarité. Le système encourage la consommation et récompense l’accumulation démesurée, même lorsqu’elle repose sur des pratiques abusives : la publicité, les algorithmes et les discours « aspirationnels » alimentent cette compulsion à en avoir plus, à paraître davantage, à se montrer supérieur. Nous sommes devenus des consommateurs d’objets, mais aussi de vies d’autrui, d’images fabriquées pour susciter l’envie. D...

Le harcèlement présidentiel

Par Adriana Ajrona Un jour, j’ai travaillé dans une multinationale où un tyran occupait un poste très élevé. Ce n’était pas exactement le président de l'entreprise, mais tout le monde savait qu’il soufflait à l’oreille de celui qui détenait ce poste. Il était plus habile qu’intelligent. Ce n’était pas un orateur d’exception, mais il savait charmer. Il séduisait de nouveaux clients sans se soucier des dégâts collatéraux. Les supérieurs l’adoraient ; les subalternes le redoutaient pour son caractère arrogant, vaniteux et sournois. Je l'ai vu humilier en public des employés, même devant des clients importants. Il détruisait avec les mots, sans jamais subir de conséquences. Il est toujours resté à sa place. Intouchable. Lorsqu’il est passé dans une autre entreprise, à un poste encore plus élevé, j’ai mentalement présenté mes condoléances à ses nouvelles victimes. Des années plus tard, j’ai appris que cette personne avait subi du harcèlement dans son enfance. On dit que les ha...

L’Europe est en train de sombrer comme le Titanic, car elle n’a rien appris de son passé

Par Peter Noordendorp L’Europe répète toutes les erreurs du passé parce qu’elle n’a rien appris de ce passé. Elle n’a rien appris de son passé colonial, elle n’a rien appris de son passé belliciste sur le sol européen. Nous ne parlerons pas ici du passé des États-Unis, mais il est bon de rappeler que les États-Unis ont perdu toutes leurs guerres depuis le Vietnam jusqu’à l’Afghanistan après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Ukraine est aujourd’hui leur dernier fiasco. Mais revenons à l’Europe. Il y a deux choses fondamentales qui n’ont jamais changé en Europe : sa mentalité coloniale et sa haine de la Russie. Après la Seconde Guerre mondiale, les puissances coloniales européennes ont transformé leurs colonies en néocolonies, s’assurant que les gouvernements de ces anciennes colonies faisaient ce qu’elles voulaient et, dans le cas contraire, ces gouvernements étaient éliminés. Elles ont veillé à ce que leur emprise sur les ressources naturelles de leurs anciennes colonies rest...

La véritable raison de la guerre menée par l’Occident contre la Chine

Le développement économique spectaculaire de la Chine a fait grimper le coût de sa main-d’œuvre, réduisant ainsi les profits des entreprises occidentales. Par Jason Hickel et Dylan Sullivan Au cours des deux dernières décennies, l’attitude des États-Unis à l’égard de la Chine est passée de la coopération économique à une franche hostilité. Les médias américains et les responsables politiques multiplient les discours anti-chinois, tandis que le gouvernement impose à la Chine des restrictions commerciales et des sanctions, tout en renforçant sa présence militaire à proximité du territoire chinois. Washington veut faire croire que la Chine représente une menace. L’ascension de la Chine menace effectivement les intérêts des États-Unis, mais pas de la manière dont l’élite politique américaine le présente. La relation entre les États-Unis et la Chine doit être comprise à l’aune du système capitaliste mondial. L’accumulation de capital dans les États du centre, souvent qualifiés de « ...