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Le cirque du pouvoir

Par Mg. José A. Amesty Rivera Introduction L’image de Donald Trump affublé de traits christiques n’est pas un simple dérapage visuel ni un banal produit de la culture des mèmes. Sa publication sur Truth Social, puis sa suppression face au tollé, ne constituent que la surface du problème. Ce qui est en jeu ici est bien plus profond : une mutation inquiétante de la politique contemporaine, où la manipulation symbolique remplace le débat, et où le spectacle supplante le réel. Le faux débat : détourner l’essentiel Non, il n’existe aucune preuve sérieuse que Trump se prenne littéralement pour un messie. Insister sur cette idée relève du piège : celui de réduire une stratégie politique à une caricature psychologique. Le problème n’est pas de savoir s’il « croit » être une figure divine, mais de comprendre pourquoi ce type d’image est produit, toléré et diffusé. Ce déplacement du débat n’est pas innocent. Il permet d’éviter la seule question qui compte : comment le pouvoir se constr...

Comment sont nées les fake news modernes

Du sensationnalisme imprimé à la manipulation de masse : l’histoire de l’homme qui a compris avant tout le monde le pouvoir de l’information. William Randolph Hearst ne fut pas seulement l’un des hommes les plus riches et les plus puissants de son temps. Il fut aussi le grand architecte d’une nouvelle forme de domination : utiliser la presse comme machine de propagande, de business et de pression politique. De la guerre de Cuba à ses campagnes anticommunistes et ses sympathies autoritaires, Hearst transforma le journalisme en spectacle et la peur en marchandise. Son héritage est toujours vivant, même s’il se présente aujourd’hui sous un costume numérique. Par Manuel Medina Quand les journaux allumaient des guerres Il y eut un temps où les journaux ne se contentaient pas d’informer. Ils déclaraient aussi des guerres, désignaient des « méchants » internationaux, fabriquaient des patriotes instantanés et distribuaient la peur en confortables livraisons matinales. L’encre servait à...

Dans le monde actuel, y a‑t‑il encore une place pour le socialisme ?

  Par Marcelo Colussi « Les peuples conquièrent des droits lorsqu’ils vont au ‑ del à, non lorsqu ’ils s ’adaptent à ce qui est “possible ”. » Sergio Zeta De Marx au mouvement révolutionnaire du XXᵉ siècle Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, Marx et Engels – entourés d’une pléiade de combattants sociaux – voyaient dans le socialisme l’étape vers une société future fondée sur l’égalité et le dépassement des injustices. Marx résumait ainsi l’enjeu en 1850 : il ne s’agit pas d’aménager la propriété privée, mais de l’abolir ; pas d’adoucir les antagonismes de classe, mais de supprimer les classes ; pas d’améliorer la société existante, mais d’en instaurer une nouvelle. Il avait en tête la société communiste mondiale, cette « patrie de l’humanité » dont parle la Marche internationale communiste. Au tournant du XXᵉ siècle, et plus encore dans ses premières décennies, une masse immense de militants, d’activistes révolutionnaires, de lutteurs et lutteuses populaires, de syndic...

Combien vaut la vie d’un Rambo ?

  Par Renán Vega Cantor La vie de Rambo est la seule qui compte pour le monde occidental, tandis que la vie des Iraniens ne vaut rien. C’est le racisme et le classisme qui caractérisent l’impérialisme et le sionisme : certaines vies valent plus que d’autres. « Rambo incarne aussi l’un des produits culturels les plus caractéristiques des États-Unis : ce héros de bande dessinée qui ressemble à un être humain quelconque, mais qui possède en réalité des pouvoirs surhumains lui permettant de se battre comme Superman, pour “la vérité, la justice et le American Way”, et d’incarner également des fantasmes nationaux, comme le Capitaine America. Il n’est donc nullement surprenant que Rambo puisse résister, invulnérable, aux milliers de balles que lui tirent dessus, souvent à bout portant, les ennemis des États-Unis. » (H. Bruce Franklin, Vietnam y las fantasías norteamericanas , Final Abierto, Buenos Aires) « […] absolument seul, Rambo se révèle capable de poignarder, étrangler, élec...

Le facteur 100 et la magie noire

Par El Lince Le silence des chiffres Qu’avez-vous remarqué d’étrange dans l’agression contre l’Iran menée par les néonazis des États ‑ Unis et par le IVᵉ Reich sioniste, autrefois appelé Israël — agression qui dure désormais depuis quarante ‑ cinq jours ? Indice : alors que, lors des révoltes de janvier, tout le cloaque médiatique suivait presque minute par minute le nombre de victimes, aujourd’hui il n’y a plus la moindre référence à celles ‑ ci. Le gouvernement iranien avait alors reconnu 3 117 morts ; la presse de propagande occidentale avait gonflé le chiffre à 30 000, certains allant jusqu’à parler de plus de 40 000. Et maintenant ? Téhéran annonce 3 375 victimes, mais dans le cloaque médiatique occidental, pas la moindre mention d’un chiffre. Le facteur 100 : invention américaine C’est ce que l’on appelle « le facteur 100 ». Ce concept fut inventé durant la guerre du Vietnam par des psychologues américains pour calmer les tensions internes et maintenir la populati...

La gauche trahie et diffamée

Par André Abeledo Fernández Che Guevara, Fidel Castro, Hugo Chávez, Staline, Lénine, Karl Marx, Friedrich Engels, Rosa Luxemburg, Mao Zedong, Hô Chi Minh, Líster : voilà ce qu'est la gauche. La gauche lutte contre les privilèges des élites, consciente que, dans la lutte des classes, la modération et les demi-mesures sont l'antichambre de la trahison. Ces hommes ont consacré leur vie à la cause de la classe ouvrière, ils ont combattu le pouvoir sans jamais se vendre, prêts à donner leur vie pour la révolution. Car la révolution n'est pas un jeu, ni un mot que l'on prononce pour en tirer profit. Ce sont les véritables révolutionnaires, des hommes honnêtes et courageux, vilipendés et diffamés, tandis que tout l'appareil du capitalisme s'emploie à prostituer l'histoire, à propager des mensonges et des calomnies, dans le silence complice de la social-démocratie et de la fausse gauche, plus soucieuses des réseaux sociaux et des intentions de vote que de la...

La fin du monde est reportée

Par Jacques Lanctôt Depuis que les États-Unis et Israël se sont lancés dans une dangereuse escalade en Iran, où la menace nucléaire semble atteindre un point de non-retour, et que le président psychopathe en chef des États-Unis promet de réduire en cendres ce pays dont la civilisation perse est plusieurs fois millénaire et possède, selon l’UNESCO, 29 sites inscrits au Patrimoine mondial – « Une civilisation entière va mourir cette nuit », avait-il prévenu comme on annonce que les patates sont cuites –, celui-ci semble avoir oublié son programme caribéen et son rêve de s’emparer de Cuba, en douceur ou par la force. Et c’est tant mieux, pourrait-on dire, car les spéculations allaient bon train depuis ces déclarations fracassantes. Allait-il bombarder en pleine nuit l’île plongée dans le noir à cause des pénuries de combustible et lancer ses super-Rambos dans les villes et sur les plages parmi les touristes terrifiés ? Allait-il tenter une opération chirurgicale à la vénézuélienne en ...