Ils s’inquiètent des biens abîmés, pas des vies brisées
Par André Abeledo Fernández
Ils défendent la propriété privée, mais se moquent de celles
et ceux que l’on prive de toute propriété. Ce sont les mêmes qui se préoccupent
des enfants jusqu’à leur naissance : ils s’opposent à l’avortement, mais
protègent des individus soupçonnés de pédocriminalité. Les mêmes qui s’arrogent
le droit de décider du corps des femmes pour les contraindre à enfanter, mais
détournent les yeux pendant qu’en Palestine, on assassine des milliers et des
milliers d’enfants.
Hypocrites.
Ceux qui mesurent tout à l’argent
Cette extrême droite, ces libéraux, ces gens sans empathie
ne connaissent qu’une mesure : l’argent. Ils ne pensent ni à la vie ni aux
êtres humains. Pour eux, tout se réduit à l’économie. Leur mépris de classe est
profond : ils se croient au-dessus de nous parce qu’à leurs yeux, nous qui
sommes en bas valons moins qu’eux. Ou ne valons rien.
Et ce sont ces mêmes gens qui prétendent nous représenter.
Ils nous représentent comme le berger qui mène son troupeau à l’abattoir. Comme
ceux qui nous répriment lorsque nous protestons. Comme le contremaître qui
brandissait le fouet au temps de l’esclavage. Et lorsque la colère populaire
éclate, les voilà qui s’indignent et dénoncent notre « violence ».
Mais qui exerce la violence ? L’État, lorsqu’il réprime
celles et ceux qui réclament leurs droits, une existence digne, la possibilité
de vivre et pas seulement de survivre. Pourtant, à leurs yeux, cette répression
n’est pas de la violence. Nous condamner à la misère n’en serait pas non plus.
Les violents, ce serait nous, et nous seuls, dès que nous tentons de nous
défendre.
C’est donc ainsi que vous voyez les choses ? Alors votre
regard est celui du maître. Et beaucoup d’entre nous ne sont nés ni pour ramper
comme des chiens ni pour vivre en esclaves.
Un système qui dévalorise la vie
Le capitalisme donne un prix aux choses et retire leur
valeur aux êtres humains. Voilà le problème : nous vivons dans un système qui
n’accorde aucune valeur à la vie. Un système dans lequel nos vies ne valent
donc rien.
Regardez ce qui se passe chaque jour. Un logement vide prend
de la valeur pendant que la famille expulsée dort dans sa voiture. Un ouvrier
tombe d’un échafaudage, et ce qui fait l’actualité, c’est le retard du
chantier. Une caissière encaisse chaque jour des milliers d’euros pour les
autres, mais, à la fin du mois, ses propres comptes ne bouclent pas.
Les choses ont un prix. Nous, nous ne représentons guère
plus qu’un coût.
Il arrive un moment où les peuples atteignent leur limite et
n’ont plus d’autre choix que de lutter. C’est vers ce point de rupture qu’ils
nous poussent.
Alors nous lutterons. Nous vaincrons. Et nous ne serons pas
des esclaves.
Jusqu’à la victoire, toujours !
Traduction Bernard Tornare
Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte
original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
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