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Affichage des articles du 2026

Le défi de la construction nationale en Afrique

  Par Kristian Laubjerg EXCLUSIF SENEPLUS - Les dirigeants du Sénégal indépendant, malgré les efforts pour souligner l’importance nationale des héros locaux, continuent à lutter pour échapper aux modèles coloniaux de diffusion des valeurs nationales  Le libéralisme contribue non seulement peu à la construction des sociétés, mais a aussi une caractéristique qui sape la cohésion sociale[1] Introduction Pourquoi certains pays se développent-ils plus rapidement que d’autres ? Les pays d’Afrique subsaharienne, en particulier, sont à la traîne d’une grande partie du monde en termes de développement. Cet article examine les principales différences entre les populations d’Afrique subsaharienne et d’Europe, en se concentrant sur la façon dont les individus s’identifient à leur nation plutôt qu’à leur groupe ethnique. L’analyse est basée sur des sources secondaires. Depuis l’indépendance, les États africains ont de plus en plus reconnu le rôle vital de l’État dans la promotion...

Cuba et le Venezuela montrent que résister, c’est vaincre

Par Carmen Parejo Rendón Quand la résistance empêche la défaite À la fin de la guerre d’Espagne, alors que la victoire franquiste semblait déjà inévitable, le président du gouvernement républicain, Juan Negrín, lança une consigne devenue historique : « Résister, c’est vaincre ». Au ‑ delà du slogan de guerre, il posait un problème stratégique de fond : que signifie résister quand le rapport de forces militaire, économique et diplomatique est totalement défavorable ? ​Aujourd’hui, cette question ressurgit avec force si l’on regarde ce qui se passe à Cuba et au Venezuela, soumis à une pression impériale extrême, mais qui continuent de défendre leurs projets politiques, malgré les contraintes et les concessions. La leçon de Negrín : gagner du temps, fissurer l’inévitable Negrín voyait déjà que la guerre d’Espagne n’était pas un épisode isolé, mais le premier front d’une crise européenne beaucoup plus large qui allait déboucher sur la Seconde Guerre mondiale. Son pari stratég...

Sous les décombres

Par Pedro Pozas Terrados Silence dans l’ombre immobile. Des cris d’enfants qui se perdent dans l’air. Des pleurs oubliés qui se dissolvent dans le fracas des missiles assassins qui fauchent des vies et sèment la haine dans des cœurs brisés. Le ciel s’embrase du feu de la mort tandis que les villes se changent en cimetières de poussière. Des maisons béantes comme des plaies. Des écoles réduites en ruines. Des hôpitaux où il ne reste plus assez de médecins pour compter les morts. Et pendant ce temps, dans des salons éclairés et des bureaux confortables, des hommes en costume discutent de stratégies, d’équilibres et d’intérêts. Des mots froids qui ne prononcent jamais le nom des enfants qui meurent. Des dirigeants incompétents, obsédés par le pouvoir, incapables de regarder dans les yeux ceux qui paient de leur vie les décisions qu’ils signent à l’encre propre sur des papiers impeccables. La désinformation, orchestrée par les gouvernements eux-mêmes, brise les espoirs, confond les é...

Pourquoi le sens commun est-il en train de disparaître ?

Par Miguel Posani Nous vivons une époque de contrastes profonds. Jamais l’humanité n’avait eu un accès aussi immédiat à l’information, et pourtant jamais nous n’avions ressenti une perplexité collective aussi grande. Nous assistons chaque jour à des décisions qui défient la logique la plus élémentaire, à des interactions où l’empathie brille par son absence et à des comportements sociaux qui oscillent entre l’irrationnel et l’autodestructeur (comme, par exemple, le suicide chez les jeunes). Dans ce contexte, une question dérangeante resurgit avec force : pourquoi le sens commun est-il en train de disparaître ? ​Loin d’être une simple impression nostalgique, le sentiment que ce « savoir partagé » s’érode répond à des transformations structurelles profondes. Le sens commun, défini par le philosophe Henri Bergson comme « la faculté de s’orienter dans la vie pratique », s’est désintégré de multiples façons. ​Qu’est-ce que le sens commun, au juste ? Pour comprendre sa crise, nous de...

Les missiles iraniens frappent Tel-Aviv, la défense américano-israélienne s’effondre

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Cette vidéo propose une analyse détaillée de la manière dont les missiles iraniens ont réussi à atteindre Tel ‑ Aviv, mettant en lumière les limites opérationnelles des systèmes de défense américano ‑ israéliens et le décalage avec le récit dominant des grands médias occidentaux. Sharmine Narwani y examine, point par point, la saturation des défenses, les performances réelles des armements en présence et les implications stratégiques de cet épisode pour l’équilibre militaire au Moyen ‑ Orient, en particulier pour l’avenir de la dissuasion et des guerres par procuration dans la région. Sharmine Narwani est une journaliste et analyste politique spécialisée dans la géopolitique de l’Asie occidentale, basée principalement à Beyrouth. Elle est éditrice en chef du média en ligne The Cradle, consacré aux enjeux géopolitiques de la région.

Ce n’est pas Téhéran, c’est Pékin

Par Eduardo Luque Une guerre sans justification claire La question reste entière : pourquoi les États ‑ Unis ont-ils décidé d’attaquer l’Iran ? Même au sein de la classe politique américaine, aucune explication convaincante ne s’impose. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a résumé le malaise : « Même à Washington, nombreux sont ceux qui ignorent le véritable objectif de cette opération militaire. » Les raisons avancées par la Maison ‑ Blanche sont multiples, contradictoires et souvent peu crédibles. Donald Trump a présenté une douzaine d’arguments différents pour justifier l’offensive. Aucun ne résiste à l’analyse : l’Iran n’a ni armes nucléaires, ni missiles intercontinentaux capables de menacer directement les États ‑ Unis, et n’a, en quarante ‑ sept ans d’existence, engagé aucune guerre d’agression. Israël, mandataire et déclencheur L’hypothèse la plus vraisemblable évoque une guerre par procuration encouragée par Israël. L’objectif stratégique serai...

L’arrogance de l’empire : quand le « nouveau monde » revêt des habits persans

  Par Alejandro Marcó del Pont « La guerre est le père de tout et le roi de tout ; elle fait de certains des dieux et d’autres des hommes ; de certains des esclaves et d’autres des libres. » (Héraclite) ​ Été 2026 : le pari Trump ‑ Netanyahou ​Imaginons le scénario. C’est l’été 2026. Donald Trump, réélu en novembre 2024 avec la promesse de « Rendre sa grandeur à l’Amérique », est revenu dans le Bureau ovale. Benyamin Netanyahou, cramponné au pouvoir grâce à une coalition d’extrême droite, ordonne un bombardement préventif massif contre les installations nucléaires iraniennes de Natanz, Fordow et Parchin. « C’est maintenant ou jamais », déclare le Premier ministre israélien devant le Congrès des États ‑ Unis, tandis que les applaudissements des parlementaires font trembler l’hémicycle. La « victoire rapide » est annoncée comme acquise sur Fox News et dans tous les think tanks de Washington. Les stratèges parlent de semaines, peut ‑ être de jours. Le monde observe, à la fois cr...