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Le bourreau

Par Damaris Izaguirre L’oncle Sam aime se déguiser en champion de la paix, de la liberté et en justicier de la lutte antidrogue. Mais derrière ce masque policé se cache un empire criminel et terroriste, qui prospère justement grâce au narcotrafic qu’il prétend combattre. S’il ferme les yeux sur la drogue qui circule librement sur son propre territoire, c’est parce qu’elle alimente son économie et ses guerres de domination. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis se sont érigés en puissance hégémonique mondiale. Sous couvert de « démocratie » et de « paix », ils se sont arrogé le droit d’intervenir partout, d’organiser des coups d’État et d’imposer leur loi aux peuples du monde entier. La soi-disant démocratie que défend Washington n’est qu’un instrument de ses intérêts impériaux. Quiconque refuse de se plier à ses diktats devient aussitôt un « terroriste » ou une « menace pour la paix mondiale ». Cuba en est l’exemple emblématique : plus de soixante ans de blo...

Le grand bluff américain

Derrière la façade brillante des records boursiers et de la rhétorique sur l’intelligence artificielle se cache une économie dans laquelle huit Américains sur dix peinent à survivre. Par Felix Abt Selon Forbes [1], Elon Musk est le premier homme de l’histoire à détenir une fortune de 500 milliards de dollars. Tandis que Musk et les ultra-riches s’élèvent vers des sommets inimaginables, des millions d’Américains luttent pour payer leurs factures. Un rapport récent de Goldman Sachs dresse un tableau sombre : 40% des actifs vivent désormais au jour le jour, d’un chèque de paie à l’autre [2]. Si cette tendance se poursuit, la proportion atteindra 55% d’ici 2033. Par ailleurs, 40% des travailleurs déclarent ne faire aucun progrès notable dans leur épargne-retraite. En somme, environ 80% des Américains stagnent financièrement. Dans le même temps, le coût de la retraite a augmenté en moyenne de 4% par an au cours des 25 dernières années [3]. D’ici 2033, un Américain moyen devra dispos...

Ce n’est qu’un flot ininterrompu d’articles sur les abus des États-Unis et de leurs alliés envers le monde

Les États-Unis peuvent proférer des menaces, imposer des sanctions et accumuler des machines de guerre, mais on ne sait jamais vraiment s’ils sont prêts à attaquer un pays jusqu’à ce qu’ils se mettent à diffuser la propagande du Pentagone dans la presse grand public. Par Caitlin Johnstone Aujourd’hui, ce n’est qu’une succession d’articles sur les États-Unis et leurs alliés qui terrorisent le monde. Les Forces de soutien rapide (RSF) se sont filmées en train de commettre des massacres atroces au Soudan ces derniers jours, assassinant apparemment quelque deux mille civils. On peut même voir des traces de sang sur le sol à travers des images satellites. Comme nous l’avons vu précédemment, la RSF et ses atrocités sont soutenues par les Émirats arabes unis, un partenaire proche des États-Unis. Pendant ce temps, Israël poursuit sa propre vague de massacres dans la bande de Gaza, tuant selon les rapports 104 personnes en une seule journée, dont 46 enfants. C’est autant de Palestiniens...

Réseaux sociaux et domination culturelle : le nouveau visage de la “répression dissimulée”

Les réseaux sociaux : terriblement dangereux À l’ère de l’hyperconnexion, les réseaux sociaux sont devenus bien plus que de simples plateformes de divertissement. Derrière les likes, les reels et les mèmes, se dissimule, avertit Marcelo Colussi, une complexe machinerie de contrôle culturel et idéologique au service du capital (...). Par Marcelo Colussi « Les armes les plus importantes [sont les réseaux sociaux]. L’acquisition la plus décisive du moment est TikTok… J’espère que cela sera approuvé, car cela pourrait être capital.  »   -      Benjamin Netanyahu À travers l’histoire, on constate sans cesse que les classes dominantes maintiennent les classes subalternes dans la soumission. Deux outils leur permettent d’y parvenir : 1) la répression ouverte (c’est-à-dire l’État et tout son appareil d’intimidation et de défense, armes à la main), et 2) la manipulation idéologico-culturelle, que l’on pourrait tout aussi bien appeler « répression dissim...

L’Europe au bord du black-out géopolitique

Par Mauricio Herrera Kahn « L’énergie n’est plus une ressource. Aujourd’hui, c’est une arme. Et l’Europe n’a plus la mainmise sur la gâchette. » L’Europe est définitivement entrée dans une zone de fragilité énergétique, non plus temporaire, mais structurelle. Son image de puissance organisatrice mondiale s’effondre face à une réalité brutale : elle dépend de décisions extérieures pour s’éclairer. Des décennies de pari sur l’énergie étrangère (gaz russe bon marché, nucléaire français vieillissant, pétrole arabe restreint et énergies renouvelables toujours insuffisantes) ont créé la tempête parfaite. Il ne s’agit pas seulement d’un problème de prix ou d’inflation. Il s’agit d’une perte stratégique de souveraineté. Pour la première fois depuis l’après-guerre, l’Europe ne prend pas en main son destin énergétique. Elle réagit, elle ne décide pas. Et le risque n’est pas une panne technique, mais géopolitique. 1. L’Europe entre dans une phase de vulnérabilité énergétique ouverte Avant...

La révolte mondiale de la génération Z

Par Marc Vandepitte Un nouveau vent de révolte souffle sur la planète, attisé par la génération Z, qui se lève contre les élites et les inégalités. Cette insurrection numérique a déjà renversé des gouvernements, mais elle se heurte à un défi majeur : transformer des protestations éclairs en une force durable et organisée. Un spectre hante le monde, un spectre qui a déjà fait tomber plusieurs régimes et qui est animé par la génération Z, ces jeunes nés entre 1997 et 2012. La génération Z met les élites du monde entier à l’épreuve. En peu de temps, le Bangladesh, le Népal et Madagascar ont vu leurs gouvernements s’effondrer, tandis qu’au Maroc, en Indonésie, aux Philippines, au Kenya et au Pérou, les manifestations de jeunes continuent de gonfler. Les causes immédiates varient : censure, pénuries d’électricité et d’eau, projets de taxes ou scandales de corruption. Mais sous ces divers motifs coule une même énergie : celle d’une génération jeune, connectée et déterminée à réclamer...

Intelligence artificielle, profits fictifs

Par Gary Wilson L’économie américaine ne prospère pas, elle lévite. Ce qui la maintient en l’air n’est ni la productivité ni l’innovation, mais la spéculation. La prétendue « révolution de l’IA », présentée comme une nouvelle ère industrielle, est en réalité une immense bulle — une fièvre spéculative qui propulse les marchés boursiers bien au-delà de ce que cette technologie peut réellement offrir. L’anatomie d’une bulle Une bulle spéculative se forme lorsque le prix d’un actif — comme les actions technologiques — grimpe bien au-delà de sa valeur réelle et soutenable. Cette valeur réelle ne provient ni du battage médiatique ni des gains rapides, mais du pouvoir de travail des salarié·es, de leur capacité à créer plus de valeur qu’ils et elles n’en reçoivent en salaire. Mais dans une bulle, les prix augmentent non parce que la production réelle ou la création de valeur s’accroissent, mais parce que les investisseurs se lancent dans une course aux promesses — chacun pariant q...

Qu’est-ce que la culture ?

Une machette ou un tracteur servent à faire produire la terre au profit de l’homme. Mais une chanson, à quoi ça sert ? Par Roberto Fernández Agriculture veut dire culture du champ, du sol. Culture est synonyme de culte ou de cultivation. Tout ce que l’homme façonne, fait partie de la culture. Il y a des choses que l’homme n’a pas faites : les animaux et les plantes, les astres et les montagnes ; tout cela appartient à la nature. Mais il en existe d’autres qui n’auraient jamais vu le jour si l’homme n’était pas apparu sur la Terre : les maisons, les chansons, les cérémonies, la politique, les automobiles. Tout ce qui doit son existence à l’homme est une forme de culture. Il y a d’autres sens au mot culture. Par exemple : l’ensemble des choses qu’ont créées certains hommes particuliers. C’est ainsi qu’on parle de la culture maya ou de la culture grecque. Il existe aussi une acception plus restreinte : la culture comprise comme ce que l’homme a inventé, non pour lutter contre les fo...

Contrôler les loups, si nous voulons des brebis libres

Par Juan Torres Le dernier rapport du Programme des Nations unies pour ledéveloppement (PNUD) , publié en mai dernier, constate un ralentissement inédit du développement humain dans toutes les régions du monde. En 2024, il a certes atteint son niveau historique le plus élevé, mais sa progression a été la plus faible depuis trente-cinq ans. Le Rapport des Nations unies sur les Objectifs de développement durable arrive aux mêmes conclusions. Il dénonce une évolution « fragile et inéquitable », laissant des millions d’êtres humains dans la misère, la faim, l’absence de logement ou de services essentiels. Il souligne aussi que la réduction des inégalités, au sein comme entre les pays, est désormais à l’arrêt, voire en régression. L’Indice d’engagement pour la réduction des inégalités 2024, élaboré par Oxfam et Development Finance, après analyse de 164 pays, montre que neuf sur dix ont reculé sur les piliers permettant d’améliorer l’égalité et le bien-être. En clair : « l’inégalité éc...