Les anti-impérialistes veulent transformer le monde ; les libéraux veulent seulement se rassurer
Par Caitlin Johnstone Ce qui distingue, au fond, la gauche anti-impérialiste des « humanitaires » libéraux du courant dominant, c’est la finalité de leur engagement : agit-on pour l’humanité, ou pour son propre confort moral ? Chez les libéraux, l’aspiration à la paix et à la justice reste souvent théorique. Elle relève davantage d’un idéal abstrait que d’une volonté d’affronter les structures de pouvoir concrètes qui produisent la guerre, l’injustice et la misère. Le libéral se dit opposé à la mort et à la famine des enfants — dans l’abstrait. Cette opposition nourrit une image flatteuse de lui-même, celle d’une personne vertueuse. Mais il n’ira pas jusqu’à dénoncer frontalement l’empire responsable, à répétition, de ces crimes : un empire qui mène des guerres d’agression, impose des blocus, orchestre des génocides. Il dit vouloir un monde sans pauvreté, non par conviction, mais parce que l’idée contraire lui serait moralement inconfortable. Pourtant, il se garde bien de remet...